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Après l'opéra...
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Xylia Stark
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Message Posté le : 18/08/2008 18:40:43    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Sortant de l'opéra où elle avait participé à un petit incident [HRP : voir http://enosh.xooit.com/p31883.htm ], Xylia, en manque de proie à détrousser, cherchait désormais à rentrer le plus vite possible à son taudis dans la lumière de la lune. Elle devait aussi trouver quelque chose que son chat pourrait manger. Et en parlant de lui, Xylia l'entendit bientôt miauler à ses pieds.
Dieu merci, il n'était pas blessé. Ni couvert de sang. En fait, il s'était endormi sur un toit et venait de se réveiller.
Il renifla un peu ses vêtements, peu habitué à l'odeur de neuf ou de propre.
Xylia se dit, en marchant, que porter des vêtements neufs était bien agréable. Si son budget l'avait permis, elle l'aurait fait plus souvent. En fait, si elle avait pu trouver un métier rémunéré... Mais il ne fallait pas rêver, on lui avait toujours claqué la porte au nez.
Enfin, elle n'y pouvait rien. Quoi que, avec des vêtements propres, peut-être que...
Mais trêve de rêverie.
La bestiole orange vaguement féline se fourrait dans ses jambes pour tenter de s'y frotter, clamant ainsi sa faim, mais Xylia continuait de marcher, se qui rendait la tâche singulièrement désagréable pour l'animal.
Soudain, le chat se hérissa, fixant le fond de la ruelle. Xylia n'y prêta pas vraiment attention, son chat ayant ses petits accès de folie. Néanmoins, ceux-ci étaient plutôt euphoriques, et non inquiets.
Cependant, Xylia était trop occupée à tourner la tête dans tous les sens, tâche malaisée avec un capuchon, dont elle se débarrassa. Bingo, elle s'était trompée de ruelle. Elle n'allait pas souvent du côté de Covent Garden, elle avait dû se tromper de là-bas.
Elle accéléra le pas pour oublier le froid, et tourna un coin de rue un peu vite, et trébucha sur le pavé inégal.
« C'est bien moi, ça... » marmonna-t-elle. Elle prit son chat dans ses bras, qui n'en pouvait plus de feuler.
Mais le félin était au paroxysme de la colère ou de la peur, et enfonça ses griffes dans les épaules de sa maitresse, qui gémit.
Xylia songea d'abord à le punir, mais se ravisa. Ce n'était pas son genre de feuler pour rien. Il avait du avoir peur d'un oiseau nocturne, quelque chose comme ça. Xylia était trop pressée pour s'en préoccuper.
Elle tira péniblement le chat pour le forcer à lâcher prise, maugréant contre cet imbécile qui ne savait pas tenir ses griffes.
Aux picotements qu'elle éprouvait, elle déduit qu'elle saignait.
« Crétin de chat, pour une fois que j'avais des vêtements propres, t'as choisi ton moment pour les tacher ! »
Elle le tint par la peau du cou, comme l'aurait fait sa mère, sans violence mais fermement, essayant de ne pas trébucher cette fois.
Mais la boule orange se débattait, et tomba de la main de Xylia, qui se retourna, pour bondir vers la silhouette encapuchonnée qui se trouvait derrière elle.

[ça te va ?]
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Message Posté le : 18/08/2008 18:40:43    Sujet du message : Publicité

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Alessandro Valentini
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Message Posté le : 18/08/2008 20:32:31    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Il fallait toujours se méfier des chats... Alessandro n’avait pas assez prêté attention à celui qu’il avait croisé, mais voilà que la présence de ce dernier risquait de lui compliquer la tâche, alors qu’il crachotait et miaulait aux pieds de la jeune fille visiblement perdue. Cette dernière semblait heureusement peu attentive à ces manifestations d’inquiétude... Encore invisible, le vampire put se rapprocher suffisamment, mais il ne fut pas le premier à bondir. L’odeur soudaine du sang, lorsque l’animal griffa légèrement le bras de la gamine, lui arracha un petit souffle rapide et silencieux, mais les sens en alerte malgré tout, il ne manqua rien de la scène à travers l’obscurité, vit le chat s’échapper, devina la tension des muscles de ses pattes...

Trop rapide pour être vraiment humaine, sa main se referma autour de la gorge de l’animal sans serrer. À quoi bon le tuer ? Un mince sourire se dessina sur son visage dissimulé dans la pénombre alors que les griffes maladroites tentaient de lui labourer l’avant-bras, puis compressant ses doigts juste assez pour abrutir un peu le petit félin quelques temps, il le jeta à quelques mètres de là, réfléchissant vite : il ne fallait pas laisser le temps à la fille de se ressaisir et de s’enfuir, ou même de crier. Sitôt débarrassé de la pauvre créature, il s’élança à nouveau et passant derrière elle la ceintura d’un bras pour l’attirer contre lui, tandis que sa main libre venait se plaquer sur ses lèvres. Il devina la tiédeur de son corps à travers les épaisseurs de vêtements. Elle sentit la glace de son souffle mort dans le creux de son cou lorsqu’il parla :

« Inutile de crier... » Sa voix était grave, râpeuse comme un froissement de soie, mais guère menaçante. Il espérait simplement qu’elle ne l’ait pas entendu suffisamment parler à l’opéra pour faire le rapprochement. Sa main posée sur les lèvres de la fille s’écarta un peu, assez proche cependant pour la bâillonner rapidement au premier cri. « Je ne vous veux pas de mal, comprenez simplement que... j’ai besoin de vous. »

Il ne prenait pas toujours le temps de le préciser avec chacune de ses proies. Après tout, l’acte était rapide, et provoquait plus de peur que de mal... Il ne le faisait qu’avec les personnes qu’il avait eu le temps d’observer, de voir vivre, même quelques minutes, et seulement depuis qu’il avait moins peur qu’on le reconnaisse, puisqu’il ne tuait jamais. Peut-être était-ce risqué... les réactions des gens étaient toutes très différentes, et il ne pouvait pas savoir si cette jeune fille lui causerait ou non du souci. Si elle se débattait, il mordrait vite et elle s’évanouirait comme toutes les autres. Si elle restait calme, il s’arrangerait pour que ce soit le moins douloureux possible : il se souvenait que sa propre morsure avait provoqué une étrange extase, au dernier moment... Trêve de rêveries inutiles. Lèvres toutes proches de la gorge de la jeune fille, il attendit quelques secondes encore, guettant une réaction. Même une simple crispation de muscles.
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Xylia Stark
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Message Posté le : 19/08/2008 10:28:31    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Lorsque l'inconnu(e ?) envoya voler son chat, Xylia eut le mouvement réflexe de se précipiter vers l'animal, groggy. Mais "l'autre" l'avait déjà attrapée et elle se retrouvait coincée.
Elle n'avait même pas besoin d'essayer de se débattra pour savoir que c'était inutile. L'inconnu était... surnaturel. Même ainsi, elle sentait qu'il était exceptionnellement fort, et à travers de tissu de son manteau, elle senti aussi qu'il était glacial. Xylia ne croyait ni a Dieu ni à Diable ; la simple pensée que son agresseur puisse être une créature surnaturelle ne l'effleura même pas. Et pour tout dire, elle pensa simplement à un satyre resté des heures dehors par ce froid, et simplement très fort.
Dans tous les cas, elle ne se débattit pas. De toute façon, elle était trop choquée.
Et quand, au son de la voix de l'inconnu, elle y reconnu un homme, sans qu'aucun doute ne pouvait être permis désormais, elle fut tétanisée.
Sa peur, qu'elle avait réussi à dominer avec le temps, ressurgit du fond de sa mémoire.
Elle tremblait légèrement. Elle ne devait pas se laisser submerger.
Elle se domina quelque peu. Elle était à deux doigts de devenir hystérique, mais l'instinct de survie lui dictait de ne pas bouger.
Lorsqu'il parla, sa voix rappela vaguement quelqu'un à Xylia, mais elle n'aurait su dire qui. Etrangement, les paroles de l'homme la calmèrent ; son coeur se calma et elle reprit le contrôle. On ne dit pas ce genre de chose lorsqu'on est fou ou malveillant ; peut-être n'avait-elle pas tant à craindre.
Le souffle glacé de l'homme lui donna la chair de poule ; mais c'était de froid, pas de peur.
« Besoin... de moi ? » demanda-t-elle, articulant difficilement.
Les seules personnes qui avaient besoin d'elle, c'était les enfants affamés du taudis. Et encore.
Non, personne n'avait vraiment besoin d'elle, elle pourrait disparaitre que ça ne changerait rien.
« Pourquoi ? » demanda encore Xylia.
Même quand elle senti le souffle froid de l'homme sur son cou, elle ne pensa pas à un vampire. Elle n'était que mal informée de ce genre de sujet, ignorait tout du mode opératoire de ces créatures, et ne pouvait faire le rapprochement que toute personne normale aurait déjà fait.
Au dires de l'inconnu, il ne lui voulait pas de mal. En général, quand on dit cela dans les rues, on a souvent un grand sourire hypocrite et on s'apprête à faire du mal. Parfois même à tuer.
Mais, ce n'était que loi de la nature, non ? Le chat mange la souris ou l'oiseau, le loup les moutons... Si elle était plus faible, elle était écrasée, voilà tout. Inutile de lutter vainement.
Elle se relâcha totalement. Elle n'avait plus peur, mais plus d'instinct de survie non plus. La supériorité physique de son agresseur n'était pas discutable, elle n'allait pas se fatiguer pour rien.
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Alessandro Valentini
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Message Posté le : 19/08/2008 17:13:56    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Un autre élément désagréable, lorsqu’il avait affaire à une jeune femme dans ses séances de chasse nocturne, c’est qu’il devinait bien, aux pensées diffuses et chaotiques de peur et d’incompréhension qui traversaient l’esprit de ses victimes, que le premier mot qui glissait en elle, avant vampire, était très certainement violeur. Il en était un, d’une certaine façon : il doutait que ces humains soient foncièrement ravis qu’on leur plante deux crocs dans la gorge. Pas plus qu’il ne l’avait été lui-même. Aussi, il fut plutôt soulagé de constater que la fille qu’il retenait contre lui ne semblait pas disposée à lui causer trop de soucis, quelle que soit la raison de son immobilité totale. Il devinait l’effervescence de son esprit, et l’angoisse qui montait malgré tout en elle, instinctivement.
Comme elle parlait, il desserra légèrement sa prise, veillant à la tenir sans la blesser, mais la question qu’elle posa le laissa muet un long instant, seul témoignage de sa surprise.
... Pourquoi ? Ca devait bien être la première fois qu’on la lui faisait, celle-là. En général, soit la victime ne répondait pas, soit essayait de hurler et de se débattre, soit ne voulait certainement pas en savoir davantage et attendait qu’il se dépêche d’en finir de sa petite histoire. Ils avaient un point commun : tous comprenaient relativement vite à qui ils avaient à faire, et étaient au final plutôt soulagé de tomber sur un vampire plus ou moins civilisé. Les histoires de meurtres sanglants, de jeunes gens retrouvés la gorge sauvagement déchirée sur les quais de la Tamise étaient monnaie courante à Londres, encore qu’il fût parfois difficile de faire la différence entre vampires et lycans.
Dans le silence nocturne, Alessandro laissa échapper une sorte de rire, souffle froid et saccadé contre la gorge de l’apathique jeune fille.

« Voilà une demoiselle bien peu informée, » glissa t-il sur le ton de la conversation, tout bas. « Je pensais qu’à Londres, tout le monde avait entendu parler de nous. Mais qu’importe, inutile de vous effrayer plus longtemps... Laissez-moi simplement vous remercier... car c’est pour survivre que j’ai besoin de vous. »

Il parlait trop, ces temps-ci. Il avait terriblement envie de parler depuis quelques semaines, et elle allait finir par le reconnaître. Le vampire s’interrompit brutalement, et une main glacée se posa sur le front de la jeune fille, basculant avec délicatesse sa tête contre son épaule afin de rendre sa gorge plus accessible. Elle était incroyablement détendue... un peu trop, et lui n’avait que trop traîné. Il n’hésita plus et mordit soudain à la base de l’épaule, resserrant sa prise autour de sa taille pour la soutenir en cas d’évanouissement. Très vite, le goût métallique du sang envahit sa bouche.
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Xylia Stark
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Message Posté le : 19/08/2008 18:57:04    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

L'inconnu restait silencieux... était-ce bon ou mauvais signe ?
En tout cas, il avait desserré sa prise... Xylia pouvait respirer normalement, mais elle sentait toujours le froid à travers le tissu.
Elle sentait que quelque part, il hésitait à répondre. Lorsque le rire de l'inconnu glaça son cou, elle tressailli encore. Un souffle aussi froid... était-ce seulement possible ? Mais finalement, il devait se sentir d'humeur bavarde, et changea son rire en réponse.
Pour survivre ? A part son chat, personne n'avait eu besoin d'elle pour survivre, à ce qu'elle sache. Enfin si, sa famille, mais elle ne voulait plus en entendre parler, ils n'étaient rien.
Mais surtout, il la remerciait. Conclusion numéro un, il allait probablement lui prendre quelque chose, conclusion numéro deux, il était... civilisé, au moins. Ou bien aimable, au choix.
Encore une fois, elle eut le sentiment d'avoir déjà entendu cette voix, il n'y a pas longtemps, mais elle ne pouvait toujours pas mettre un nom dessus, et l'inconnu s'interrompit brutalement, comme s'il avait su ce qu'elle pensait.
Quand la main gelée de l'inconnu, si pâle par ailleurs qu'elle semblait presque briller dans l'obscurité, s'abattit sur son front, elle crut qu'elle allait avoir la migraine tellement c'était... froid.
Avant d'avoir comprit ce qui se passait, elle senti des dents s'enfoncer dans sa chair, et le sang (son sang !) pompé. Elle se senti défaillir, mais lutta. Elle s'était souvent battue et avait fréquemment perdu beaucoup de sang, ce n'était pas une petite morsure qui viendrait à bout d'elle... même si la sensation d'être pompée lui était tout à fait nouvelle, et beaucoup plus épuisante.
Est-ce qu'il allait la tuer, comme ça, en pompant jusqu'à ce qu'elle n'aie plus de sang ? Est-ce qu'il allait la laisser partir ? Maintenant, elle pouvait mettre un nom sur la nature de l'inconnu ; elle ne se moquerait plus des superstitieux, les vampires existaient, elle en avait désormais la preuve.
Et puis, on lui avait dit que parfois, les gens qui étaient "bus" par des vampires devenaient d'autres vampires... serait-ce son cas ? Si elle avait su, elle aurait prêté plus d'attentions à ces racontars...
Plus le sang s'échappait d'elle, plus elle sombrait... Tenir, il le fallait. Ce n'était pas douloureux, enfin, pas tant que ça, elle pouvait le supporter... mais elle devait bouger, sinon elle sombrait.
« Un vampire ?, demanda-t-elle, essayant de se concentrer sur ce qu'elle disait, Vous êtes mort alors ? Depuis longtemps ? »
Ce n'était pas tout à fait le genre de choses logiques à dire dans ce genre de situation, mais Xylia n'était pas vraiment en état de penser de manière logique.
Du coin de l'oeil, elle voyait ou croyait voir son chat tenter de marcher droit. Au moins un qui devait aller à peu près bien dans cette rue.
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Alessandro Valentini
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Message Posté le : 19/08/2008 21:32:32    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Plus résistante qu’il ne l’aurait pensé... Mais Alessandro n’était plus vraiment en état de faire attention à l’état de la jeune femme. Il avait beau s’efforcer de demeurer un être civilisé, malgré les pulsions inhumaines qui continuaient d’animer son corps, lorsque le goût du sang envahissait sa bouche, quelque chose... cédait. Après tout, n’était-ce pas comme aspirer la vie même ? Une étrange et lente extase le parcourait à mesure qu’il absorbait le liquide sombre, aspirant encore et encore... comme s’il n’allait jamais s’arrêter.

C’était le plus difficile, s’arrêter, stopper ce flot de chaleur qui envahissait son corps gelé. Les sens aiguisés par la nourriture, il devinait cependant l’esprit de la jeune fille qui s’embrumait de plus en plus, vaincu peu à peu par le manque de sang. Elle serait faible et nauséeuse cette nuit, peut-être encore demain, mais pour l’instant, il la sentait lutter. Et ce furent ses paroles qui le ramenèrent à un peu plus de raison. Il était rare que ses... proies soient encore en état de lui parler alors qu’il buvait. Aussi, rouvrant ses yeux noirs et plus brillants que jamais, il écouta à travers sa semi conscience les quelques mots qu’elle prononça. S’il était mort... Sa main se crispa une seconde sur la taille de la jeune fille, mais il ne répondit pas, pas tout de suite. Quelques secondes passèrent, puis le vampire relâcha sa prise sur la gorge de sa victime. Un halètement satisfait lui échappa alors qu’il léchait le sang qui rougissait ses lèvres, mais si sa prise se fit plus légère, il laissa malgré tout une main dans le dos de la jeune fille, et celle qu’il avait posé sur son front, désormais tiède, vint se glisser sous son coude comme pour la soutenir. Encore une fois, il avait su s’arrêter à temps, mais il doutait néanmoins qu’elle soit en excellent état.
Un court silence, comme s’il réfléchissait. Puis Alessandro répondit finalement, de cette même voix étrange et calme :

« Mort... D’une certaine façon hélas. Cela fait trois siècles environ, je doute que l’année vous intéresse. »

Il regardait fixement le chat qui se remettait, secouant la tête et visiblement encore assommé par le choc. Puis lâchant d’une main la jeune fille, il repassa devant elle, après avoir rajusté sur son visage le capuchon qui avait glissé en arrière pendant qu’il buvait. Elle était pâle, et très certainement affaiblie. Tirant une écharpe d’une des poches de son manteau, il plaqua le tissu fin sur la blessure de sa gorge et le maintint en place jusqu’à ce qu’elle prenne le relais.

« ... Ca ira ? » demanda t-il, avec l’impression de poser la question la plus stupide du monde. Sa voix, tout comme son attitude, demeurait cependant distante, autant que possible. Ce n’était qu’une fillette inconnue, sans aucune importance. Il aurait dû disparaître dans les ombres une fois sa faim assouvie, et ignorer les questions qu’elle avait posées. Ces questions si promptes à réveiller souvenirs et rancœur.
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Xylia Stark
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Message Posté le : 20/08/2008 11:02:35    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Il pompait, pompait, pompait... Xylia eu l'impression de tanguer, tellement elle se sentait faible.
« Chapeau pour moi si j'arrive à la maison sans tomber ! » songea-t-elle, essayant de dédramatiser un peu la situation. Si possible.
Elle cru qu'il n'arrêterait jamais de boire. Il n'avait même pas fait attention à sa question, semblait-il. Enfin, on comprend, c'est un sujet qui fâche.
Mais il stoppa finalement, et Xylia eu un hoquet de soulagement quand elle senti la vitesse de son sang redevenir normale.
Curieux... la main sur son front n'était plus aussi froide... Elle avait dû s'y habituer, voilà tout.
L'esprit brumeux, elle vacilla un peu quand il la laissa un peu aller.
Ainsi donc, il était mort depuis trois siècles... C'était vraiment long trois siècles, non ? Enfin, elle supposait. Elle ne savait même pas la longueur d'une année, elle avait perdu le compte. Ah si. Elle savait la longueur d'une année, quatre saisons, mais ignorait quelle année c'était et la durée d'un siècle. On lui avait dit quatre cent saisons... quatre cent saisons plus quatre cent saisons plus quatre cent saisons... douze cent saisons...
« Wahou..., souffla-t-elle, ça en fait des noëls...» Elle se mordit aussitôt la lèvre, sachant que c'était particulièrement stupide comme remarque. Elle se surpassait, en ce moment, côté stupidité. Déjà, c'était particulièrement stupide de s'incruster dans la conversation, à l'opéra.
Enfin, personne ne l'avait écoutée, de toute façon.
Ah si... l'homme qui était apparemment à l'origine de tout ça... Il lui avait même adressé la parole...
C'est étrange, sa voix ressemblait étrangement à... non, c'était impossible. Il était resté à l'opéra, lui.
Et il était parfaitement humain.
Tout à fait.
Il la lâcha d'une main, et Xylia essaya de remettre en marche la fonction "équilibre" de son cerveau, ce qui n'était pas gagné. Difficile de ternir debout quand on a les jambes en coton et la tête passée à la moulinette. Façon de parler, bien entendu.
Elle ne se rendit même pas compte qu'il lui remettait son capuchon, trop occupée à refaire la mise au point sur la réalité. Sa blessure la picotait, elle espérait que ça ne s'infecterait pas.
Elle accepta, reconnaissante ( même si c'était quelque part la moindre des choses... ) le morceau d'écharpe, et pressa fortement (enfin, avec ce qui lui restait de force) sa blessure pour stopper le flot de sang.
Décidément, elle avait relativement de la chance d'être tombée sur un vampire aussi ... prévenant ?
« Je... je pense que ça ira, oui... Si j'arrive à mettre un pied devant l'autre... »
"Après tout, je suis encore vivante, moi..." pensa-t-elle sans oser le dire.
Elle essaya d'ailleurs d'avancer vers son chat sans tomber, tandis que lui venait vers elle en chancelant.
Elle s'accroupit pour l'attraper, puis se relevant, se tourna vers le vampire :
« Tous les vampires sont aussi civilisés ? On m'avait dit qu'il étaient plus... enfin moins... »
Décidément, elle s'embrouillait. Elle espérait qu'on ne lui en tiendrait pas rigueur. Instinctivement, elle avait essayé d'éviter le sujet de la vie humaine de l'homme, même si une foule de questions lui brûlait les lèvres, et même si elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait s'empêcher de lâcher ses questions sitôt la perche tendue.
D'ailleurs, en parlant de questions, comment réagiraient-ils au taudis, en apprenant qu'un vampire l'avait mordue ? Les plus craintifs voudraient la chasser... elle ferait mieux de ne rien dire.
D'ailleurs, elle n'était pas tout à fait sûre de pouvoir rentrer au taudis....
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Alessandro Valentini
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Message Posté le : 20/08/2008 13:41:15    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Sous l’ombre de son capuchon, Alessandro jeta un regard de surprise mêlé de circonspection à la remarque de la jeune fille. Des Noëls ?? Ca n’aurait certainement été pas la première chose qui lui serait venu à l’esprit, face à pareille annonce, mais pourquoi pas... Il ne savait pas s’il devait rire ou non, aussi se contenta t-il de ne pas répondre. Mais curieusement, maintenant que la conversation avait été plus ou moins lancée, il n’arrivait plus vraiment à partir ; ç’aurait été impoli, et d’une certaine façon, une inconsciente culpabilité l’empêchait de bouger. De plus, il avait envie de parler... Ceux qui découvraient sa nature de vampire avaient en général autre chose en tête que de l’interroger à ce sujet. Gamine trop curieuse...
Planté comme un piquet en cape noire au milieu de la rue, le vampire considérait en silence la jeune fille qui, maladroitement, s’était agenouillée pour récupérer son chat guère plus en forme. Un infime sourire retrouva sa place sur les lèvres étroites d’Alessandro, le même demi-sourire indolent qu’il avait toujours, qu’il avait eu à l’opéra. Maintenant que le froid et la faim ne le taraudaient plus, il se sentait redevenir lui-même.
Ainsi elle doutait de parvenir à rentrer... normal, au fond.

« Je vous raccompagne, si vous voulez, » prononça t-il, avant de se rendre compte du surréalisme complet de la proposition. On aurait presque cru qu’il n’avait rien à voir dans la faiblesse actuelle de la jeune fille, ou que ce qu’il venait de faire était parfaitement naturel pour tous deux.

S’approchant d’elle à pas lents, il laissa couler un nouveau silence à sa question, comme si chaque nouvelle parole le plongeait dans un océan de souvenirs. Mais surtout, d’après ce qu’il voyait d’elle, il comprenait qu’elle n’était pas issue d’un milieu très cultivé, et les légendes et rumeurs les plus hallucinantes devaient aller bon train. Des mythes dans lesquels les vampires se transformaient en chauve-souris, se consumaient au contact de l’eau bénite et Dieu seul savait encore quoi. Mains dans les poches, il sourit à nouveau, et sa voix rêche contenait peut-être un soupçon d’amusement lorsqu’il parla :

« Moins quoi... ? Il y a beaucoup d’histoires horribles sur les vampires, et certaines sont sans doute vraies. C’est une question d’époque, certainement... le quattrocento était une ère civilisée, ce que n’est pas forcément ce siècle-ci... à certains niveaux. Enfin, je vais vous épargner ces considérations historiques... Je m’intéresse peu aux gens de ma race, mais sachez simplement qu’il y en a de toutes sortes, et que peu se soucient du sort des humains. Je n’en ai connu qu’un qui fût... civilisé. »

Sa voix, sur la fin, avait pris une teinte nostalgique, mais il se reprit rapidement. De toute façon, il ne savait pas vraiment si elle avait été en mesure d’écouter une telle logorrhée dans son état. Nouvelle interruption. Il fit quelques pas, se figea à nouveau puis se retourna :

« Au fait... si ça peut vous rassurer, vous ne deviendrez pas un vampire à cause d’une simple morsure. Mais si j’étais vous, je n’en parlerais pas, cela serait préférable pour vous... et pour moi. »

Il marqua une hésitation, bien visible cette fois-ci, si bien qu’il fut évident qu’il demandait une réponse de la part de la jeune fille. De plus, il la fixait comme s’il s’attendait à ce qu’elle s’écroule au milieu de la rue à tout instant.
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Xylia Stark
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Message Posté le : 20/08/2008 18:44:20    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Elle était curieuse, c'était de notoriété publique. D'ailleurs, en temps normal, elle aurait fait subir un interrogatoire massif jusqu'à ses arrières-grands parents par alliance, mais ce n'était peut-être pas le moment.
Etrange, il ne s'en allait pas... Hé bien, puisqu'il était là, autant en profiter, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre un vampire ! Surtout quand celui-ci propose, ô raffinement, de raccompagner sa victime, en l'occurrence elle.
Elle haussa un sourcil avant de répondre :
« Hum... pourquoi pas... à cette heure-ci et dans mon état, les rues ne sont pas très sûres... Tant que vous me garantissez que vous n'aurez pas une fringale soudaine...»
En fait, elle n'allait probablement pas la laisser la raccompagner jusqu'au taudis. On a sa fierté tout de même. Et puis vu l'état de cette ruine... il faudrait qu'elle s'effondre pour qu'elle le laisse aller jusque là-bas.
Ce qui ne risquait pas d'arriver. Si elle voulait tenir debout, et elle le voulait, elle tiendrait debout.
Et elle ne se transformerait pas en vampire, aux dires de l'homme. Tant mieux. Vivre l'éternité, quel enfer. Comme mettre en pause sa vie à un moment particulièrement désagréable, tout en restant conscient.
Prise d'un nouvel élan de curiosité, d'une inspiration subite et de son inconscience habituelle, elle lança vaillamment (enfin autant qu'elle puisse le faire en jouant de l'accordéon en bougeant ses membres )
« Je ne dirais rien si... si vous me parlez un peu de vous. Peu importe quoi, mais si je ne me concentre pas sur quelque chose, je risque d'oublier de respirer.»
Et hop, on rajoute un peu de vernis sur la couche stupidité... Enfin, au moins, elle n'était pas celle des deux qui s'était abreuvée au cou de l'autre.
Elle se moquait un peu de l'identité de l'homme, même si sa voix lui semblait familière. Elle ne tenait pas non plus à ce qu'il parle d'elle. Moins on parle de vous quand on est une voleuse, mieux c'est.
Sans le vouloir, elle avait laissé un blanc, elle aussi. Elle se reprit vite.
« C'est par ici... je crois.» indiqua-t-elle en vacillant vers une rue encore plus étroite.
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Alessandro Valentini
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Message Posté le : 23/09/2008 23:57:14    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Il se retrouvait à raccompagner une jeune fille qu’il venait de mordre... risible, et d’autant plus qu’il en avait lui-même fait la proposition. Il s’étonnait parfois d’avoir réussi à survivre durant trois siècles, mais ses admonestations mentales n’y changeaient rien. Ses jambes s’étaient mises en marche, adoptant naturellement un pas souple, silencieux, et d’une tranquillité feinte. La chaleur et l’extase du sang neuf, du sang jeune, battaient encore ses tempes. Il eut même un rire bref à la remarque de la gamine, semblable au froissement râpeux d’un tissu. Une fringale soudaine...

« Peu de risque, » lâcha t-il simplement, mais à présent que le trouble du début était un peu retombé et qu’il retrouvait son... sang froid, il prenait garde à chacun de ses mots. Le soulagement manifeste qui émana de la jeune fille lorsqu’elle sut qu’il ne l’avait pas vampirisée lui arracha néanmoins une pointe d’amusement, teintée d’un peu de mélancolie. Elle avait bien raison de ne pas le souhaiter... certaines y avaient vu la promesse d’une jeunesse éternelle... les sottes. Lui ne se plaignait certes pas tant de se voir éternel mais plutôt si... dépourvu de chaleur. Une chaleur factice.
La pseudo-menace de l’inconnue lui fit hausser un sourcil un peu moqueur, invisible dans l’obscurité. Si ? Il risquait moins gros qu’elle à simplement évoquer cette rencontre nocturne, et il espérait pour elle qu’elle aurait assez de jugeote pour s’en rendre compte. Mais enfin... son insouciance n’était pas désagréable, au fond. Elle semblait tellement décalée dans les dures réalités de ces quartiers de Londres, alourdis par la misère qu’ils portaient. Mais la question qu’elle posait n’en était pas moins embarrassante.
Parler de lui... machinalement et en silence, il tourna en direction de la ruelle qu’elle venait d’indiquer, allongeant par réflexe le bras derrière son dos comme elle semblait sur le point de trébucher, mais il ne la toucha pas.

« Il n’y a pas grand-chose à dire... C’est curieux, mais ce qui paraissait important dans la brièveté, en trois siècles s’étire inutilement, et tout devient insignifiant. Trop constant. Le monde change tout autour en revanche, et il n’est pas désagréable d’observer ces changements... ou même de se laisser entraîner par eux. Sans doute à votre âge vous rêvez de changements, mademoiselle, de quelque chose... d’exceptionnel. Non ? »

Il avait terriblement tendance à s’égarer dans d’interminables considérations philosophico historiques, et cette ultime question était autant de curiosité pour l’humaine qu’un signe du cheminement étrange de ses pensées. Il songea qu’elle devait à peine écouter plus que le son de sa voix, fragilisée comme elle l’était. Tant pis, il ne savait pas vraiment pour qui il parlait, de toute façon.
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Xylia Stark
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Message Posté le : 25/09/2008 19:19:27    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Oui oui, vous m'en direz tant.
Il avait éludé la question fort savamment, très élégamment aussi, mais une question éludée implique toujours une gêne.
Bon, tant pis.
Après tout, il était beaucoup plus vieux qu'elle, s'il voulait la mener par le bout du nez, expérimenté comme il devait l'être, il n'aurait aucune difficulté.
Pas la peine donc de lui faire remarquer qu'il ne répondait pas à la question. Il trouverait un argument tellement intelligent qu'elle n'y comprendrait rien et serait obligée de l'admettre sans comprendre. Autant ne pas montrer les limites de sa compréhension trop tôt, même si c'était sûrement déjà fait.
De fait, il ne semblait pas vraiment s'adresser à elle. L'amour propre de Xylia, chose merveilleuse s'il en est, en fut tout à fait froissé.
Pour qui la prenait-il ? Une faible fille ? Une vie dans la rue, ça vous durcit n'importe qui ( si ça ne le tue pas directement ), et elle était capable de comprendre au moins la moitié de ce qu'il disait. Même s'il employait des mots un peu grandiloquent.
Un changement.... Oui, elle en attendait bien un, un extraordinaire, fabuleux : se débarrasser de l'étiquette "voleuse" pour la remplacer par "honnête travailleuse".
C'était pas demain la veille, ça non. A cette pensée, elle se renfrogna. Elle vacillait encore et avait la nausée, mais la nausée à la limite, elle avait apprit à le masquer. Quoi ? Elle était une fille comme les autres, non ?

« Peut-être bien, oui... Mais bon, se faire boire par un vampire, c'est déjà exceptionnel, donc je n'ai surement plus rien à attendre... Je suppose que j'ai eu ma part du gâteau, si on peut dire.»
Gros mensonge. Bien sûr qu'elle attendait encore. Et franchement, un gâteau avait sûrement meilleur gout que se faire boire. Quoique. Cela devait dépendre du point de vue.
Trouver un travail, tomber amoureuse, se marier, avoir des enfants, devenir grand mère, mourir. Voilà comment elle voyait son futur les jours joyeux.
Mais voilà, elle n'était pas dans un jour joyeux.
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Message Posté le : 07/11/2008 17:45:01    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Il avait éludé la question ? Même pas fait attention... ou peut-être qu’au fond de lui, une part de méfiance toujours à l’œuvre avait instinctivement mis de côté tous les éléments qu’il fallait laisser sous silence. Or quand on est censé être mort depuis plusieurs siècles, il y a un nombre incalculable de choses qu’il faut laisser sous silence... outre ses espoirs de jeune homme de vingt-trois ans détruits un beau jour par sa propre arrogance et qui étaient comme un pincement amer, encore maintenant. La fierté d’un jeune architecte de la renaissance qui préférait taire à jamais ses échecs irréparables.
Mais une fois de plus, il s’était égaré dans son interminable passé, et ce fut l’effervescence de l’esprit de la jeune fille à côté de lui qui le ramena à la réalité. Elle ne pouvait rien taire ; ses pensées étaient aussi vives et aussi limpides qu’un chaton exubérant, et c’était un spectacle à la fois amusant et douloureux. Des attentes, des espoirs mais aussi de l’appréhension... des brides de vie même. Sous les ténèbres de son capuchon, il la fixa de ses yeux qui reflétaient anormalement la lumière des gaz. Se faire boire par un vampire...

« Exceptionnel ? » Plus qu’à un mot, cela ressemblait au froissement sec des écailles d’un serpent glissant sur l’herbe. « Non... ce qui est exceptionnel, c’est que vous changez si vite que vous ne vous en rendez même plus vraiment compte. À chaque instant vous évoluez et vous métamorphosez dans une course incessante et trépidante. Rien n’est figé et vous avez encore tout à attendre... ou plutôt vous n’aurez pas le temps d’attendre. Tout est si relatif... et si fragile. »

Il s’emballait... oui il parlait vraiment trop, marchant à ses côtés d’un pas trop silencieux en comparaison. Et il ne savait pas si ce charivari avait vraiment de quoi réconforter la jeune fille à côté de lui dont il sentait la tristesse. La tristesse, vraiment... si étonnant, ce n’était pas ce qu’il avait l’habitude de ressentir chez les humains qu’il avait, disons... approché. Peu importe. Comme pour prouver sa bonne foi, il demanda :

« Que voulez-vous savoir ? »
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Xylia Stark
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Message Posté le : 23/12/2008 12:06:41    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Oh mince, un délire philosophique. Evitons d'admettre qu'on y comprend rien et opinons de la tête en silence. Ou pas.
"Oui, vous avez probablement raison"
La phrase suivante, elle, lui redonna le sourire.
Ce qu'elle voulait savoir, hein ?
Elle ne résista pas.
"Oh, pas grand chose, votre nom, comment gagner de l'argent en claquant des doigts, le dépôt de la banque nationale et d'autres trucs, pourquoi ?"
Oui, c'était mal, et en général il vaut mieux éviter de se payer la tête du grand méchant vampire.
Mais en même temps, combien pouvaient se vanter de s'être offert le luxe de le faire, hein ? Faut savoir rigoler dans la vie. Bon, peut-être devrait-elle faire semblant de regretter. Allez, un petit effort, on se mordille la lèvre inférieure, on lève les sourcils et on fait un regard de cocker humide.
"Oh, pardon, je n'aurais pas dû"

Avait-elle réussi sa tentative de regrets-émis-à-haute-voix-tout-en-préparant-le-prochain-coup ? Enfin, comme si elle s'en souciait.
Elle caressa son chat orange qui semblait s'être remis.
Au passage, ce dernier hérissa copieusement le poil vers le vampire. Mais oui t'es gros et tu fais peur au méchant vampire.
En attendant, Xylia reconnaissait le quartier. De moins en moins beau, de plus en plus à tendance bidonville.
Pas de doute, son petit taudis était non-loin de là.
Chouette. Vite, arrêter le vampire. Franchement, qu'est-ce qu'il dirait en voyant dans quoi elle vit, hein, déjà qu'elle-même...
Bon.
"Hem... c'est bon, je peux continuer toute seule maintenant, hein, merci beaucoup..."
oups. Ca, c'était gêné, c'était malpoli, c'était pressant, c'était suspect.
Aïe Aïe Aïe, pourvu qu'il ne soit pas curieux !

[hrp]Omg... long time no see, huh ? XD [/hrp]
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Message Posté le : 17/01/2009 19:02:10    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Le dépôt de la banque nationale ? Alessandro était parfois un peu lent en matière d’humour : ce devait être que celui-ci avait grandement évolué depuis son époque. Toujours est-il que dans l’obscurité, ses yeux se posèrent sur la jeune fille d’un air sceptique, réfléchissant la lumière des gaz comme ceux d’un chat. Puis brusquement, un sourire naquit sur ses lèvres, mais c’était surtout devant l’expression faussement coupable de la jeune fille. Elle ne pouvait évidemment pas savoir... que ses pensées étaient comme un livre ouvert.
Puis surtout, il ne voyait pas vraiment en quoi c’était censé le vexer... Certes, ça détournait d’une façon extrêmement soudaine le sujet de conversation, mais il était lui-même spécialiste en la matière.

« Il n’y a pas de mal. La banque nationale, ce serait un peu compliqué, mais vous pourriez toujours essayer de vous trouver un riche mari. »

Quoique la technique de l’ami riche que l’on parasite discrètement n’avait pas forcément fonctionné avec lui... N’était-ce pas après tout un tel comportement qui l’avait privé à jamais de la lumière du soleil ? Cette constatation le replongea un moment dans ses propres pensées, et bien que ses sens lui apportent de nombreuses données quant à leur environnement de moins en moins reluisant, il n’y prêta pas une grande attention jusqu’à ce que la jeune fille l’interrompe brutalement. Continuer seule ? Il hésita une brève seconde, mais l’esprit de Xylia s’était mis à bouillonner, entre gêne, impatience... crainte ? Il recula donc d’un pas, signe qu’il se retirait.
Pardon, il avait oublié quelque chose ? Oh, oui, son nom... Nouveau temps d’arrêt, puis il repoussa son capuchon, dévoilant le visage du jeune noble de l’opéra et le sourire ambigu de ses lèvres pâles.

« Très bien... »

Prenant sa main dans la sienne, il inclina doucement son visage vers ses doigts sans les toucher, ne la quittant pas du regard, avant de se reculer.

« Alessandro Valentini, pour vous servir, demoiselle. Que la nuit vous soit douce... Je vous présente mes excuses une fois de plus. »

Il s’écarta de quelques pas et la laissa s’éloigner.
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Message Posté le : 18/01/2009 12:31:43    Sujet du message : Après l'opéra... Répondre en citant

Un riche mari ? La belle image !
Non merci.
On ne peut pas faire confiance aux hommes. Enfin, sauf peut-être quelques uns, mais de toute façon, elle se sentait un peu jeune pour se marier. Même si elle ne se souvenait plus trop du principe. Une histoire de Dieu et d'éternité...
Bah bah bah. Du vent tout ça. D'ailleurs, elle balaya l'idée d'un geste de main, qui voulait clairement dire "j'm'en balance !"
Enfin, tant pis pour la banque alors.
Par contre, si elle pensait avoir eu assez de surprise pour l'année en une soirée, elle fut détrompée lorsque le vampire lui prit les mains (elle eut d'ailleurs un mouvement de recul dû à la surprise, mais bon, il était bien plus fort qu'elle alors pas la peine de se fatiguer !), et qu'il enleva son capuchon.
Elle savait bien qu'elle connaissait cette voix !
Le type de l'opéra !
"Ah... Euh, Oui..." articula-t'elle.
Admirez la poésie de cette réplique ! Elle se serait baffée.
"Euh... eh bien moi C'est Xylia, hein."
Idem, quelle réplique mémorable !
Au fait, pourquoi elle lui donnait son nom ? Elle ne le reverrai pas, de toute façon. A moins qu'il aie faim un jour, en passant dans le quartier. Mais un même temps, quand on peut se payer une place d'opéra et le luxe d'embêter un juge, on ne doit pas souvent passer dans les quartiers pauvres.
Enfin au moins, il ne verrait pas dans quoi elle habitait. Encore une fois, on a tous sa petite fierté.
Elle se retourna et se dirigea donc vers la ruine, raide pour ne pas courir ou se retourner.
En arrivant à la maison, elle fut accueillie par quelques couches-tard parmi les enfants, et quelques mendiants, qui lui avaient garder un peu de leur maigre repas.
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Message Posté le : 25/09/2017 10:49:57    Sujet du message : Après l'opéra...

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