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Les affaires sont les affaires
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Kirsteen Andrews
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Message Posté le : 02/07/2008 23:13:04    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Kirsteen n'avait pas l'habitude de venir dans ce lieu plus qu'étranger pour elle. Elle s'était levée à une heure matinale pour ne pas avoir à croiser qui que se soit. Le British Muséum ne lui aspirait que de l'indifférence, tout au plus un relatif mépris. Sa venue ici n'était en rien justifiée par sa curiosité mais simplement pour une affaire qu'elle avait à traiter. Une histoire assez mystérieuse. Son client, Mr Heaton, qui était commerçant avait en effet eu son magasin ravagé. La version des faits de Mr Heaton était les suivants : Un mendiant se serait introduit dans son magasin dans la nuit et un homme serait venu l'abattre. Jusque là Mme Andrews aurait pu défendre le plus banalement son client si le meurtrier n'avait pas juré par ses grands dieux que l'animal était un loup-garou. Kirsteen détestait par dessus tout ces histoires, bien qu'elle ne puisse pas les renier par honnêteté scientifique, elle trouvait tout cela dérangeant.

Arrivé dans un couloir rempli de livres, elle se mit à regarder le titre de quelques-uns. Elle parcourut ainsi plusieurs allées jusqu'à arriver vers ceux qui traitaient du lycantropisme. Elle parcourut quelques livres puis décida de prendre "Les caractéristiques physiques et socio psychologiques affectés à la nature lupine - Tome 1". Elle cherchait ainsi à prouver que l'homme qui avait ravagé le commerce de Mr Heaton n’était pas un tueur de loup-garou mais bel et bien un assassin. En effet le corps du probable loup avait été retrouvé, avec bien entendu une balle en argent logé dans le coeur, mais il convenait de savoir si cet homme était véritablement un loup.

L'affaire s'était déroulée en dehors de la période de la pleine lune, ainsi les signes visuels distinctifs n'étaient pas présents. Kirsteen s'intéressait donc de savoir si certains signes ou aspects pouvait le différencier d'un simple humain. Kirsteen étant très peu documentée sur le sujet, elle avait donc pris la décision de venir dans ce musée. L'entrée lui avait été accordé, de par son statut, bien que sa profession d'avocat n'était pas la plus répandu parmi les habitués. Il semblait ici se mêler des gens de la haute société, surement des médecins ou des scientifiques, à la recherche de vérité profonde mais également des gens plus ésotériques que Mme Andrews voulait à tout prix éviter.

Pour assurer à son client des dédommagements plus importants il fallait prouver que l'homme n'agissait pas en tant que défenseur mais en tant que meurtrier. Bien sûr des médecins légistes allaient analyser cette affaire mais Mme Andrews ne voulait pas avoir l'air totalement inculte au niveau des loups. Apres avoir attrapé le livre, elle alla en direction de la table la plus proche, bien qu'elle fut occupée par quelques personnes. Lorsque qu'elle ouvrit le livre elle sentit qu'une personne la regardait furtivement, elle fit sembla de n'y prêter aucune attention mais sa mine se renfrogna légèrement. Elle regarda alors autour d'elle afin de voir qui la dévisageait.

[Libre ! Tout le monde est le bienvenue, Kirsteen a horreur des gens un peu mystiques alors ils sont les bienvenus pour une joute verbale !]
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Message Posté le : 02/07/2008 23:13:04    Sujet du message : Publicité

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Lord Roberts
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Message Posté le : 13/07/2008 15:56:00    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

C'est après un long et fastidieux voyage sur les flots et une récupération de tant de sommeil que le Lord s'était dirigé vers la Bibliothèque. La brume matinale, propre au joyau anglais, n'était pas pour lui déplaire. Elle lui insufflait ce quelque chose qui lui avait manqué durant ses escapades en Nouvelle Espagne et plus longuement aux abords de la péninsule du Yucatan. Évitant avec soin les discordes latines, il s'était rendu en terres mayas pour en apprendre davantage sur cette civilisation passée sous colonialisme depuis le XVIè siècle. Il abhorrait ça et savait parfaitement ce pour quoi on le prendrait et à sa grande surprise l'accueil avait été courtois. Il suspectait surtout une crainte quelconque de l'homme blanc haut placé mais savait aussi qu'il valait mieux profiter d'un accueil tel plutôt que risquer de les chiffonner. Il avait besoin d'eux, de leur parler.

C'est avec ravissement qu'il avait accosté les terres d'Amérique. Une multitudes de cultures se métissaient pour donner cet apparat tantôt européen, tantôt indigène. Mais le plus époustouflant était la place que prenait la verdure.
Un homologue l'attendait là-bas et après une nuit dans un hôtel colonial miteux, les deux hommes s'étaient rendu à Chichén Itzá où un guide les avait rejoint. Voyage éprouvant où il avait pu s'immerger dans l'environnement des guerriers jaguars et autres adorateurs du Soleil. De Chichén Itzá à Tikal en passant par Izapa, le Lord avait vadrouillé ici et là, un carnet de croquis à la main bien que certain de ne jamais pouvoir restituer de telles beautés. Ce peuple aux méthodes si archaïques avait réussi à élevé de telles pyramides, de tels blocs que chaque splendeur était prétexte à s'émerveiller toujours plus d'une culture aujourd'hui bafouée depuis des siècles. Les conflits l'avaient empêché de se rapprocher de Teotihuacan et de Tenochtitlan sur le Haut plateau central mais il prenait ça pour l'argument d'un retour prochain qu'il préparait déjà.

Ces pensées, ces souvenirs ne cessaient de combler ses rêves et s'il venait à la Bibliothèque c'était d'une part pour chercher des informations sur les antiquaires qui avaient pu grouper des informations et d'autre part pour essayer d'y croiser quelqu'un qu'il n'avait pas revu depuis Mathusalem.
L'heure matinale à laquelle il s'était décidé d'y aller n'était pas hasardeuse ou due à un quelconque décalage horaire, mais à une envie tenace d'éviter qui que ce soit et dans les rues et dans la bibliothèque. Il sortit d'un geste ample sa montre à gousset qui était restée sur l'heure latine, ce qui lui insuffla un léger rictus. A tout bien calculer il serait dans les temps pour éventuellement croiser la personne en question.

D'un pas silencieux il pénétra dans l'immensité du Museum, feignant de ne pas voir les quelques scientifiques qui rôdaient là et qui ne perdaient jamais une occasion de jouer sur sa sensibilité pour s'octroyer d'amples mécénats. Il était resté le même. Il était de ces hommes qui prennent tout leur charme avec le temps, comme un vin qui se bonifie au fil des années. Sa posture laissait deviner ses origines sociales et la dureté de son visage le laissait paraitre intouchable, inabordable. Son élégance n'avait rien d'entaché et le gentleman qu'il était n'avait rien perdu en courtoisie ni en charme. Rapidement, il se dirigea vers la bibliothèque où il ne vit personne. Il entendait vaguement le bruissement d'une page sur l'autre et supposait à la présence de quelqu'un dans les intestins de la bibliothèque mais ne s'en formalisa pas; il avait mieux à faire pour l'heure.

Il piocha alors un peu partout dans le registre Sociétés savantes et autres sociétés d'antiquaires en mettant l'accent sur les sociétés espagnoles. Ca l'occuperait un temps, c'était le cas de le dire à en voir la montagne d'ouvrages dont il s'était saisi. De retour dans la salle de lecture, de fines lunettes d'or posées sur son nez, il aperçu la femme et sa curiosité fit qu'il ne pu s'empêcher de l'approcher. Aussi impénétrable soit-il, il était d'une curiosité maladive et se demandait pourquoi cette femme était là en cette heure et ce qu'elle pouvait bien étudier ?
Sans détour, il posa un regard sur sa longue chevelure brune et ne passa pas à côté de sa prestance, mais ce qui l'intéressait surtout c'était le livre qu'elle tenait.

"Lupinisme..." lâcha t'il de sa voix profonde aux accents français. "... intéressant, je vois que Londres n'a rien perdu de son... mordant." ajouta t'il, un léger rictus ornant son visage.

D'un geste élégant, comme à l'accoutumée, il déposa sa pile de livres en face à droite d'elle, ne voulant point empiéter sur son espace personnel.

"Pardonnez mon insolence mais parfois ma curiosité m'égare... Et avec tout ça j'en oublie les broutilles communes; Henry Roberts, enchanté."




[Désolée pour le pompeux de la description, j'ai tenté rapide mais fallait bien expliquer où il était tout ce temps.]

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Dernière édition par Lord Roberts le 14/07/2008 09:00:24; édité 1 fois
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Kirsteen Andrews
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Message Posté le : 14/07/2008 01:44:11    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

D'un haussement de sourcil, Mme Andrews jaugea son interlocuteur. Cet homme avait tout l'air d'un gentleman, riche qui plus est. Mme Andrews avait un faible pour les beaux hommes, et celui-ci remplissait parfaitement ses conditions, il possédait un charme qui rendait Kirsteen contemplative. Son visage se détendit alors et fit place à l'un de ses plus radieux sourires. Lorsqu'elle l'entendit parler, elle eut un léger rire pas seulement à cause de la plaisanterie mais également à cause de son accent, les accents lui avaient toujours paru drôles, elle qui possède le plus stricte accent londonien. Néanmoins l'accent français avait un certain charme, et son rire n'était point moqueur. L'homme semblait porter son attention sur le livre de Mme Andrews, ce qui l'a mis mal à l'aise. Elle ne répondit rien et continua de le fixer lorsqu'il s'assit à sa droite. L'homme se présenta alors et Mme Andrews répliqua avec douceur.

"Il n'y a rien à pardonner, votre curiosité est plus que légitime. Je suis Kirsteen Andrews, avocate et euh..."
D'un léger mouvement elle relut le titre de son livre.
"... mon intérêt pour le lupinisme est strictement professionnel. Enfin je voulais seulement dire ne croyez pas que je m'intéresse à ce genre de lecture, c'est simplement... professionnel."

Elle avait réussi à dire ceci d'une manière qui laissait croire tout sauf que ces recherches étaient effectivement professionnelles. Consciente qu'en disant ceci elle éveillerait encore plus de soupçons elle rajouta alors, comme pour se donner un alibi :

"Voyez-vous, je suis sur une affaire assez complexe, pour résumer mon client doit prouver qu'un homme abattu dans son magasin n'était pas un loup-garou mais bel et bien un homme. Alors je suis venue ici pour me documenter sur les différentes manières de différencier les loups-garous. Bien sur l'homme abattu n'était pas sous sa prétendu forme lupine."

Sa voix était redevenue plus suave et plus confiante, comme elle avait l'habitude de s’exprimer lorsqu'elle parlait de son travail. Elle feuilleta quelques instants les pages de son livre, son regard se tourna alors vers le nombre impressionnant d’ouvrages dont ce Mr Roberts avait pris. Elle regarda discrètement les titres et se rendit compte que la plupart traitait sur la société espagnole ou sur des pays lointains. Ainsi Mr Roberts s'intéressait aux sociétés étrangères, il devait donc aimer voyager, au point de venir à une heure matinale pour se documenter. Venir dans ce Museum n'était pas un hasard, et l'étrange paradoxe entre l'aspect aristocratique de cet homme et son intérêt pour des sociétés anciennes éveilla la curiosité de Mme Andrews. Elle n'osa pas aborder la question et remit à plus tard son interrogatoire sur la venue ici de ce gentleman. Se remettant à feuilleter distraitement son livre, elle s'adressa de nouveau à Mr Roberts. Cet homme était peut-être connaisseur dans le domaine des lycanthropes, ou peut-être était-il un de ces chasseurs qui haïssent les loups-garous.

"Peut-être pourriez-vous m'aider ? Savez quelque chose sur les caractéristiques lupines en dehors de la pleine lune ? Bien sur je comprendrais que vous n'y connaissiez que peu de choses, moi-même j’ai des connaissances limitées dans la matière."
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Lord Roberts
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Message Posté le : 14/07/2008 09:45:29    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Alors que le silence s'était répandu le temps d'un battement de cil, Roberts avait continué de jauger la demoiselle. Il ne savait pas s'il la dérangeait, comment lui répondrait-elle ? De plus en plus de femme prenait le parti d'être lointaine, froide, ce qui n'était pas pour lui déplaire mais son côté vieux jeu faisait que ça le surprenait quand même. Autrefois, jamais une femme n'aurait été désagréable. Alors lorsque la femme sourit, il fut soulagé en quelques sortes. Il savait qu'il n'était pas là pour ça mais nous sommes au XIXème siècle et tout passe par la parole.
Son visage resta stoïque car le Lord souriait rarement. Il avait parfois un rictus, tout au plus, mais il ne souriait pas. Du moins pas au premier abord, comme ça.
Elle était donc avocate... une juriste ! Il avait grand mal avec la notion de justice dans ce pays et évitait de passer par là dès qu'il le pouvait. La plupart des magistrats étaient véreux, corruptibles et bien qu'aboli, le pot-de-vin était toujours très déterminant dans un jugement. Quoi qu'il en soit la profession de la femme était surprenante. Elle avait du se battre pour en arriver là et davantage encore qu'au premier abord, il imaginait la force de caractère de l'inconnu.

"Kirsteen Andrews... enchanté. J'ai connu un Andrews...." songea t'il avant de revenir à la réalité et eu un haussement de sourcil.

Intérêt pour le lupinisme strictement professionnel ? Décidément les avocats étudiaient de bien étranges affaires.

"Oh... je vois."

Il laissa planer le silence, bien incapable de dire ce que cela lui inspirait et quand bien même, ce n'était pas à lui d'en juger. Cette femme était payée à élucider ce qu'on voulait lui faire élucider pour faire gagner un client, coupable ou victime...
Il l'écouta briser le silence, expliquant brièvement l'affaire. Attentivement, il imaginait quel type de client pouvait avoir de telles requêtes. Mais plus encore, il se demandait comment l'immersion dans une telle affaire pouvait-elle se faire. Croyait-elle aux loups-garou ? Etait-ce un moyen de s'évader et de changer d'air que de se pencher sur une telle affaire ? S'il avait été des forces de la nuit, il se serait arrangé pour qu'on ne retrouve rien, mais peut-être que le malheureux était seul. Ce qui était tout aussi étrange puisque les Loups Garous, a contrario d'autres espèces du genre, étaient sociables. Tout du moins, comme l'animal auquel ils se réfère, ils étaient sensés vivre en meute. Le mort était donc seul ? Personne ne savait qu'il était seul ? Voulait-on qu'on le retrouve là ?
D'un geste de tête, il effaça ces interrogations de sa tête. Il n'était pas enquêteur et son esprit cartésien lui donnait toujours un léger recul quant à ces choses.
Les questions de la femme le déconcertèrent quelque peu mais il ne laissa rien paraître, son visage ténébreux toujours aussi impénétrable.

"Vous savez, je suis un piètre connaisseur en la matière. Dire que je ne sais rien serait mentir mais ce que je sais reste du domaine de la rumeur, tout au plus de ce qui se dit en sociétés savantes..."

Il eut une pensée pour cet antiquaire, Amras Sempers, qui avait étudié la question des Vampires avec un intérêt particulier. C'était différent mais pour lui le fond était commun. Ces forces, qu'on disait de la nuit, prenaient une importance toujours croissante au sein de la société londonienne mais pas seulement.

"Vous dites qu'il était seul ? Le mort... Et personne n'a tenté de venir chercher son corps ? Vous n'avez vu aucune trace d'effraction autre ? Je veux dire..." il toussota afin de s'éclaircir la voix. "... il me semble, mais ma certitude n'est pas absolue, que les Loups Garous sont connus pour vivre en meute. Je suppose donc que quelqu'un au moins savait qu'il était là. Sinon, loin de moi l'envie de passer par des raccourcis douteux en vous disant qu'il n'est pas loup-garou mais si c'en est un, il avait quelque chose à faire ici."

Il laissa planer un silence, il ne croyait pas entièrement en ce qu'il disait mais ça l'amusait.

"Vous avez fait interroger le boutiquier ?"

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Kirsteen Andrews
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Message Posté le : 14/07/2008 23:06:40    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Mme Andrews se mit à réfléchir rapidement. Son seul et unique but était de gagner ce procès, Mr Roberts semblait s'intéresser à son affaire, ce qui enchanta Mme Andrews. Kirsteen connaissait très bien son client, ayant déjà eu à le représenter. En l'aidant dans cette affaire, elle se procurait son soutien, et tout le monde sait à quel point les relations sont primordiales quand on veut se faire une place dans le domaine juridique. Mr Roberts semblait s'intéresser au fait que l'homme fut abattu seul, ce qui intrigua Mme Andrews. Etait-il effectivement seul ? Mr Heaton lui avait assuré que tel était le cas, mais Mme Andrews savait qu'il arrangeait souvent ses récits. Elle lui avait déjà évité des poursuites dans de sombres affaires de corruptions. Il était fort probable que des choses soient cachées à Mme Andrews. Cependant, Mr Heaton faisait assez confiance à Kirsteen pour lui confier comment la soirée s'était réellement déroule. Kirsteen rajouta d'une voix élégante :

"D'âpres le rapport de police l'homme mort était seul, son corps a été placé à la morgue. L'homme n'a pas pu être identifié, aucun parent n'a pu donc être prévenu. L’accusée quant à lui semble être un amateur dans le meurtre de loup-garou, et sa prétendue chasse ne s'est pas déroulé de la manière qu'il souhaitait. Et je le crois sur parole, je ne pense pas qu'il était dans son plan d'abattre l'homme dans un magasin, de surcroit en faisant autant de dégâts."

Kirsteen s'arrêta quelques instants, la soirée avait été en vérité légèrement différente, mais elle se garda de raconter ce genre de détails. Son client savait en réalité qui était l'homme mort. Il s'agissait d'un loup-garou avec lequel il avait eu quelques négociations. Mr Heaton est ce qu’on appelle un prêteur sur gage, et fait un trafic de pièces d'identités pour certaines personnes qui souhaitent passer le plus possible inaperçu. Le meurtre dans son magasin n'était donc pas complètement anodin. L'accusée quant à lui était très certainement une jeune recrue d'un clan de chasseurs de loup-garou. Le loup-garou était arrivé seul à Londres pour échapper à son village, il n'y avait donc aucun moyen de le reconnaitre. Mr Heaton savait qu'il avait quelques ennemis chez les chasseurs de lycans parce qu'il aidait ces derniers. Le plus probable fut donc que le meurtre était savamment orchestré pour impliquer Mr Heaton dans une mauvaise histoire. Le meurtrier n'était qu'un pion dans ce plan. Mme Andrews hésita, était-il prudent d'en raconter plus ? Elle était déjà allée bien loin dans ses explications. Cependant son avis l'intéressait et elle ne put s'empêcher de raconter son récit.

"J'ai interrogé le boutiquier, qui est mon client, et il m'a affirmé que personne n'a été vu après le meurtre de l'homme. Il était tard et mon client allait bientôt fermer sa boutique. Il a alors entendu des coups de feu et vu un corps tomber lourdement sur son sol après avoir sans doute renversé tout ce qui se trouvait sur son passage. L'accusée quant à lui à été retrouvé peu de temps après. Il ne nie pas son crime."

Kirsteen observa attentivement Mr Roberts, il semblait impassible. Mais Mme Andrews savait qu'il n'était pas habituel de parler de ce genre d'histoire lors d'une première rencontre. Elle décida d'adoucir un peu son récit pour ne pas gêner son interlocuteur.

"Je vous ennuie peut-être avec tout ces détails techniques. Je crois que l'accusée ment pour ne pas avoir à assumer son meurtre. Je veux dire, je pense comme vous, il n'est pas sérieux qu'un vrai lycan se soit introduit dans un magasin et que par hasard quelqu'un soit venu l'abattre. Les chasseurs de lycans sont connus pour leur discrétion, et ce genre d'affaires sont des plus rares. Il n'y a que très peu d'archives sur des procès impliquant les chasseurs de lycans, c'est pourquoi je suis venue ici."

D'un mouvement des yeux elle regarda tout autour d'elle.

"Vous pensez que le fait que l'homme eut été seul peut constituer un argument au fait qu'il ne soit pas loup-garou ? Il semble impossible de prouver quoique ce soit, je suis un peu désorientée par le faite qu'il faille appuyer tout mon plaidoyer sur des rumeurs et non des faits. Ne connaissez-vous rien d'autre qui puisse prouver qu'il s'agit d'un homme et non d'un lycan ?"
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Message Posté le : 15/07/2008 10:48:41    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Le Lord avait écouté l'avocate sans dire mot ni n'acquiescer, ou laisser quelconque idée sortir de son visage sans émotion palpable. Sa main gauche était posée sur l’épaisse table de bois dont il caressait doucement les stries. Son autre main, quant à elle, palpait son menton. Position classique de l'homme qui réfléchie.
Les affaires occultes ne lui étaient pas inconnues; la Franc Maçonnerie possédait son lot d'affaires troubles et c'était d'ailleurs ce qui l'avait mené à Londres au début. Mais il n'était jamais -qu'il sache- question de lycanthropie et autres monstres de la nuit.
Elle avait donc écouté le boutiquier et disait avoir confiance en lui. C'était une notion, la confiance, qu'il avait du mal à envisager, surtout en matière de droit. Pas qu'il avait connu lui même les déboires de la justice mais il en avait été spectateur plus d'une fois et le juge en chef de Londres, Phillips, était réputé véreux, fanatique et apte de jeter quiconque s'oppose aux lois -même les plus absurdes- au trou. C'était typiquement le genre d'homme en qui il n'avait pas confiance et ça, tout Londres le savait. Quoi qu'il en soit, il eu un rictus à l'idée d'imaginer ce vieil obsessionnel face à une telle affaire. Oh, dans Londres ce ne serait peut être pas la première fois mais si c'était le cas, garderait-il son sang froid ?

"Votre client vous a tout dit ? Ma question peut paraître absurde, assurément, mais vous avouerez que cette rencontre à trois est des plus insolites. Tenez, par exemple, que commercaient-ils ensemble ?" demanda t'il. "Quant aux rumeurs, je suis d'accord avec vous. Mais il n'y a pas de fumée sans feu... et puis... cet accusé qui dit avouer son meurtre... C'est assez spécial quand même. Mais lui ne vous a rien dit d'autre ? Car je suppose que vous l'avez interrogé sur les balles en argent ?"

Il secoua la tête brièvement et chercha dans sa mémoire ce que l'on connaissait à propos de ces créatures. Tiens il y avait bien une chose... Une vieille légende mais comme tout il fallait s'en méfier. Cela dit, c'était une légende tenace et bien qu'elle ne fût pas forcément parole d'évangile quant à sa teneur en véracité, elle avait son poids et c'était toujours bon à savoir. C'était ni plus ni moins que des légendes urbaines pour lui, mais il s'était pris au jeu.

"Le mort... était-il nu ?" demanda t'il sans hésiter.

En effet, la fameuse légende voulait qu'un loup garou se déshabille avant chaque transformation. S'il était nu c'était de quoi alimenter le fait qu'il était transformé ce soir là -bien que ce n'eut été la pleine lune- et de fait peut-être était-il mort plus tôt ? Ou bien n'y avait-il pas d'autres moyens de se transformer que la pleine lune ? Ou celà voulait peut-être dire que le meurtrier le coursait depuis longtemps ? Hummm... difficile.

"A ce propos, si ce n'était pas le cas, vous avez bien du retrouver quelque chose dans ses vêtements non ? Pas d'indication de lieu ? De nom ? "

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Kirsteen Andrews
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Message Posté le : 16/07/2008 01:39:58    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Mme Andrews afficha une expression relativement neutre et sûre d'elle, bien qu'elle fût déstabilisée par les propos de Mr Roberts. Mr Heaton lui avait-il tout dit ? Son client lui cachait surement beaucoup de choses, Kirsteen le savait mais croyait en sa sincérité relative. Son but n'était de toute façon pas d'apprécier son client ou accorder une quelconque importance en la vérité. Elle devait trouver le moyen d'assurer à son client les meilleurs dédommagements. Kirsteen avait depuis longtemps compris les codes d'un bon avocat. Il ne faut pas trop s'inquiéter d'une quelconque éthique et tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Elle répondit au Lord de la manière la plus honnête qu'il lui était possible.

"Mon client a dit tout ce qu'il avait à dire, je le pense sincèrement, et si des faits ont été oubliés ce n'est pas de sa propre volonté. Mon client s'occupe d'un magasin de prêt sur gage, qui est tout à fait légitime, où il exerce ses fonctions en respectant les lois. Il affirme néanmoins n'avoir jamais eu à commercer avec l’homme mort. L'accusée quant à lui à été retrouvé avec du sang sur les mains, il ne pouvait nier son crime. Le fait qu'il est utilisé des balles en argent montre que son crime était prémédité et qu'il pense avoir effectivement eu affaire avec un loup-garou. Il dit avoir crée lui même ses balles."

Lorsque Mr Roberts l'interrogea sur la nudité de l'homme, Mme Andrews esquissa un léger sourire. L'homme était habillé ce soir là, cet argument allait lui assurer un appui solide. Après tout s'il était de coutume qu'un lycan soit nu lorsque la transformation commence, il serait alors possible qu'il s'agisse d'un homme.

"L'homme était habillé, ce qui prouverait qu'il n'est probablement pas un lycan. Cet argument n'est peut-être pas suffisant à lui tout seul mais pourrait être utile. Quant aux indices, on a retrouvé dans ses poches un plan de Londres, une fausse carte d'identité et une enveloppe vide provenant d'Irlande. Des symboles ont été retrouvé griffonnés sur un bout de papier mais l'écriture est illisible, je ne crois pas qu'on puisse en tirer quoique ce soit."

Le message était surement codé, des symboles s'enchainaient les uns après les autres. Kirsteen ignorait qui avait pu écrire ce message. Il pouvait s'agir du loup lui même qui écrivait à ces congénères; du clan des chasseurs qui voulait adresser un message à Mr Heaton ou au loup; et il était aussi probable que Mr Heaton ait lui même écrit ce message et mentait à Kirsteen. Chassant de son esprit la dernière hypothèse, Mme Andrews sorti de sa poche une copie du message, qu'elle avait elle même recopié. Mr Roberts savait peut-être déchiffrer ce message, après tout il semblait s'intéresser aux sociétés anciennes. Elle lui présenta avec une certain appréhension.

"Peut-être connaissez-vous ce langage codé ? Les experts n'ont rien pu en tirer, des symboles reviennent périodiquement et laisse penser à un message."

[Je te laisse libre de déchiffrer le message ou non, et faire semblant de le déchiffrer ou non. Le message provient en réalité du clan des chasseurs qui s'adresse à Mr Heaton, où il est dit un truc du genre "Le loup-garou n'est qu'un avertissement, nous saurons vous faire tomber si vous continuez votre trafic pour aider ces bêtes." Le clan peut être une branche des francs-maçons, ce qui te permettrait de le déchiffrer.]
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Message Posté le : 16/07/2008 09:16:28    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Toujours aussi attentif, il regardait profondément l'avocate, ne laissant rien passer. Il n'insista pas davantage quant à la bonne foi de son client. Après tout, c'était tout à son honneur, elle n'allait pas extirper des informations de la bouche d'un homme qui l'avait appelé en aide. Et quelles informations ? C'était lui la victime, quelque part... Lui qui voyait un corps dans son magasin alors qu'il n'avait rien demandé. Mais c'était étrange tout de même.
Le lord était de ceux qui ne croyaient pas au hasard, et si l'homme s'était trouvé là au moment de sa mort ce n'était pas un hasard. Pas plus que le meurtrier qui semblait savoir où frapper. Sceptique, il garda son silence. Concours de circonstances ? Pourquoi pas...
Ce qui le retint, c'était le fait que le meurtrier ait lui même créé les balles. S'il créait ses balles en argent c'est qu'il était non seulement apte à le faire mais qu'il en avait de bonnes raisons. De biais, l'homme ne devait pas frapper au hasard...

"Oh ? Il fabrique ses balles lui même..." songea t'il.

Il n'argumenta pas sur ce point, bien conscient que la trivialité de cette donnée avait du être largement mise à l'honneur de la jeune femme.

"Il savait donc ce qu'il frappait non ? Créer des balles en argent n'est pas monnaie courante, surtout si la personne ciblée est un être de chair et de sang banal... Et j'imagine que si le meurtrier s'est laissé docilement prendre, c'est qu'il avait fait ce qu'il avait à faire... A ce moment, la nudité se voit annihilée par un autre argument de poids... En fait, vous tâtonnez sur un étrange balancier, Maître."

Il laissa ensuite la demoiselle énumérer ce qu'ils avaient retrouvé. Une fausse carte d'identité ? Comment le savaient-ils ? Du moins aussi rapidement... Quant au papier aux symboles illisibles, il demandait à voir. Il ne prétendait pas qu'il pouvait déchiffrer, loin de là, mais peut-être pouvait-il trouver une piste quant à l'origine même des symboles... Et pourquoi demander quand on lui donnait le papier sur un plateau d'argent ? Il n'eut même pas le temps de dire 'ouf' qu'elle lui tendait déjà le message.
Il haussa un sourcil inquisiteur, sans prendre le papier.

"Oh... je vois... vos experts ne peuvent le lire mais..." il laissa un court silence planer avant de toussoter. "... si moi je le déchiffre, ce dont je doute fort vous en conviendrez, pensez vous me faire assez confiance pour vous en restituer l'information en toute impartialité ?"

En effet, ils ne se connaissaient pas. Peut-être le connaissait-elle de réputation ? Peut-être avait-elle déjà son idée sur la personne pour lui faire confiance d'emblée. Mais il préférait se méfier, il ne voulait pas être lié à une affaire dont il ne pourrait se sortir une fois avoir mis un pied dedans...
Malgré tout, la curiosité le piquant, il attrapa le morceau de papier. Il plaça délicatement ses petites lunettes d'or sur son nez et avisa le message.
Aussitôt il le reposa et toussota.

"Votre client avait-il un tatouage ? Un pendentif ? Quelque chose... Je comprends que ce message vous ait donné du fil à retordre... Il possède une multitude d'écritures diverses. Elles me disent toutes -ou presque- quelque chose mais bien honnêtement, je ne lis rien. Il me faudrait plusieurs heures, tout au moins... et dans les meilleures conditions..." dit-il calmement.



[Ca t'arrangerait que je le déchiffre ?]
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Kirsteen Andrews
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Message Posté le : 17/07/2008 01:41:25    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

D'un léger mouvement du bras elle déposa son livre sur la table. Les balles en argent était en effet l'argument qui lui faisait le plus défaut. N'importe qui trouverait cela étrange qu'un homme est sciemment décidé d'abattre un homme avec une balle en argent alors qu'une simple balle aurait fait l'affaire. Mais Kirsteen pourrait essayer de tourner cela à son avantage. Elle répondit d'une manière pensive, en réfléchissant plus à ses arguments qu'à la vérité.

"L'homme avait peut-être prémédité son crime et pour se couvrir, a décidé de faire croire qu'il pourchassait un loup-garou. Ce serait alors un choix judicieux, en effet comment prouver qu'il ment. J'ignore pourquoi l'accusée a été retrouvé aussi rapidement, il n'a pas laissé entendre qu'il avait été intentionnellement arrêté. Je crois qu'il couvre d'autres personnes, mais il m'est impossible de savoir qui."

C'est qu'il avait fait ce qu'il avait à faire... En effet son objectif avait été atteint. Le fait qu'il eut été arrêté n'était vraisemblablement pas voulu par le clan des chasseurs. L'accusée n'était qu'un dommage collatéral, peut-être même ignorait-il qu'il a été manipulé. Le bout de papier laissé était quant à lui un réel mystère. Le léger silence du Lord inquiéta légèrement Mme Andrews, peut-être était-elle allée trop loin ? Depuis le début de la conversation, elle discutait avec lui comme elle discutait avec ses associés les plus proches. Elle connaissait Mr Roberts de réputation, mais n'avait jamais eu l'occasion d'en apprendre plus sur lui personnellement. Lui témoigner une relative confiance permettait à Mme Andrews de se rapprocher de lui d’une manière indirecte, tant pour ses ambitions professionnelles que mondaines. Intuitivement Mme Andrews avait fait confiance à cet homme, ces intuitions étaient la plupart du temps juste et elle ne s'inquiétait pas outre mesure de savoir si elle pouvait ou non lui faire confiance. Tout ces propos étaient depuis le début mesurés et impassibles. Cependant le message codé pouvait la mettre en danger, il révélait peut-être quelque chose qui la mettrait dans l'embarras. Cependant il était peu probable que ce Lord le déchiffre, elle donnerait ainsi l'impression de donner une grande importance au Lord. Le message pourrait être la clé du procès, une preuve irréfutable que le mort était humain, mais il était plus probable qu'il dénonce l’exact contraire.

A la question de savoir si son client possédait un signe distinctif, Mme Andrews réfléchit à tout vitesse. Cela avait-il une importance, Mr Roberts avait-il deviné quel était ce langage codé ? Fallait-il y voir une société secrète, autre chose qu'un simple clan de chasseurs un peu frénétique. Mr Heaton possédait un tatouage, un petit tatouage sur le haut de son épaule. Mme Andrews avait eu l'occasion de le voir furtivement lors d'une de ses nombreuses conversations avec lui, alors qu'il se massait l'épaule gauche après un long entretien. Le tatouage était cependant relativement discret, représentant une sorte de compas surplombant un angle droit. Elle n'avait jamais cherché un quelconque symbole à ce tatouage, attribuant cela à une erreur de jeunesse. Mme Andrews était novice dans les organisations et ne savait pas si le tatouage pouvait en représenter une. Elle hésita longuement, marquant une pause à la discussion, sa posture reprit alors une certaine droiture, et son visage se renferma quelque peu, presque imperceptiblement. Elle décida de ne pas répondre directement à la question.

"Cela a t-il une importance si mon client possède un symbole, ne faudrait-il pas mieux chercher un symbole chez le meurtrier ? Je veux dire, vous pensez que ce message peut provenir d'une société secrète et que mon client aurait affaire à un coup monté ? Cela changerait beaucoup de choses si on pouvait prouver que mon client est la victime d'une machination. Je crois que nous pourrions tenter de le déchiffrer, si vous avez le temps et l'envie bien entendu."

[Eh bien, j'ai pas encore bien décidé si c'est mieux que le message soit déchiffré ou non, le déchiffrer serait plutôt amusant et Kirsteen serait bien embarrassée d'avoir laissé une telle information entre les mains du Lord, donc je pencherais pour ce choix mais si tu préfères ne pas le déchiffrer ça me conviendrait parfaitement aussi]
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Message Posté le : 17/07/2008 10:27:44    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Le lord semblait quelque peu décontenancé par si peu d'importance donnée aux petits détails. C'est vrai qu'un tatouage pouvait sembler anodin, sur l'un comme sur l'autre, mais c'était loin d'être le cas. Bien des sociétés, des organisations, possédaient leurs signes distinctifs, aussi bien en matière de langage que de symboles. Et il était monnaie courante de trouver toutes sortes de pendentifs, broches discrètes, pièces, etc. Elle semblait certes jeune et peu expérimentée en la matière, mais c'était une grave lacune dans un monde comme celui de ce Londres. Oh, elle avait bien l'aide des experts mais à tout bien peser, c'était une aide minime. C'était une aide à la source mais après, tout le raisonnement était à faire et pour un tel raisonnement il fallait penser à tous les détails.
Il ne cacha pas son agacement.

"Faites attention à tout. Être une bonne avocate en terme de droit ne suffit pas, c'est le reste qui fait la différence..." dit-il d'un air quasi paternaliste. "Quant à savoir si un symbole est plus important sur la victime ou le meurtrier... il faut tout regarder. C'est le petit détail inattendu qui peut dénouer de grandes choses. Bien sûr qu'un symbole quelconque sur le meurtrier serait important, mais c'était sous-entendu car je suppose que votre esprit affûté a tout de suite détaillé chaque chose de notre meurtrier..." ironisa t'il cyniquement. "Mais savoir ce qu'est la victime, outre un lycan ou un humain, c'est aussi trouver des sources de malentendu. Regardez ce papier... S'il avait été pour la police londonienne, il serait lisible n'est-ce pas ? Ou du moins suffisamment pour que vos experts y trouvent une réponse. Or, personne ne parvient à le lire, c'est donc qu'il était destiné à quelqu'un d'autre et ce quelqu'un d'autre était apte à le lire. De fait, il devait y avoir jeu de paume entre un groupe -si minime soit-il- et un autre..." finit-il en laissant le morceau de papier sous sa main. "Oh, et j'ajoute que si votre client était victime d'une machination c'est qu'il avait probablement quelque chose à se reprocher, d'un point de vue ou d'un autre. S'il n'avait absolument aucune relation avec les deux protagonistes, je pense que personne ne serait venu l'ennuyer. Bien des organisations ont du mal à rester secrètes...et si ce n'est rien d'occulte -ce qui me laisse à rire au vu du papier- c'est donc une querelle de poulailler. A ce moment là..."

Il laissa sa phrase en suspens, il n'avait pas grand chose à dire d'autre, la phrase se terminait d'elle même.
D'un geste léger, il réajusta les fines lunettes d'or sur son nez et retourna le morceau de papier. Son regard émeraude caressait les écritures avec curiosité et un léger rictus venait orner son visage. L'auteur avait du s'amuser à écrire tout ça et qui plus est devait avoir une sacrée culture. Ou bien était-ce le dernier des idiots qui avaient chipé ici et là des informations pour étaler sur le papier ce qu'il avait trouvé, auquel cas trouver une logique était perdu d'avance. Il attrapa sa serviette. Une serviette en cuir noir assez élégante dans laquelle il attrapa un petit calepin. Il tourna plusieurs pages afin d'en trouver une vierge puis attrapa sa plume d'argent dont il trempa le bout dans une encre d'ébène. Sans attendre, et tout en gardant le morceau de papier sous les yeux, il ébaucha plusieurs syllabes, lettres qu'il comprenait et laissait des vides quand il ne comprenait pas.

"Du sanscrit, du mandarin, du runique, ogham, maçonnique, homérique et j'en passe... rien n'est logique dans la succession des écritures..."

Il posa deux doigts sur sa tempe et plissa les yeux, position de concentration classique qui voulait dire "ne me parlez pas, je suis plongé dans quelque chose". Etrangement certains termes étaient plus simples à déchiffrer que d'autres. Il avait presque un ou deux mots mais il préférait ne pas s'avancer et attendre d'en savoir plus pour établir quelconque généralité.

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Message Posté le : 17/07/2008 23:22:42    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

La mine légèrement agacée du Lord troubla Mme Andrews. Il y avait des lacunes dans son histoire, elle le savait mais la plupart des hommes n'y aurait sans doute vu que du feu. Néanmoins ce Lord possédait un esprit d'analyse très développé et Mme Andrews ne pouvait approfondir plus l'affaire sans risquer de dévoiler des informations strictement confidentielles. Mais après tout, elle n'était pas à une audience et elle pouvait donc sans trop de risques émettre de fausses affirmations, ainsi elle pourrait découvrir le sens du message. Mme Andrews ne put s'empêcher de rire devant le discours paternaliste de celui-ci. Croyait-il qu'elle était un peu naïve, ou relativement inexpérimentée ? Elle trouva ces propos touchants plus qu'agaçant, il y avait longtemps qu'on ne lui avait pas parlé avec autant d'audace. Elle avait déjà largement réfléchi à ce que son client pouvait avoir à faire avec le clan des chasseurs. La discussion avec Mr Roberts s'avérait plus qu'enrichissante, elle lui permettait de voir les lacunes dans l'affaire et ainsi de consolider son futur plaidoyer.

et ce quelqu'un d'autre était apte à le lire... Ces mots résonna dans la tète de Kirsteen, en effet il était fort probable que le message s'adresse à Mr Heaton, mais elle avait toujours pensé qu'une autre personne que Mr Heaton se chargerait de le traduire pour lui... Peut-être la société savait-elle que Mr Heaton pourrait lire son message ? Cela voudrait dire que Mr Heaton avait un passé commun avec la société secrète, le tatouage devait surement représenter son appartenance à cette société. Mr Heaton ne lui avait jamais fait part de son appartenance au clan, tout s'éclaira pour Kirsteen. Elle ne fut cependant pas surprise de cette découverte, n'importe qui aurait évité de parler d'un passé tumultueux avec une société secrète. Elle essaya de se remémorer avec précision le tatouage de Mr Heaton, elle n'était pas sûr d'avoir pu voir l'intégralité du tatouage ni les formes précises.

"L'accusée ne possédait aucune marque, ni aucune signe distinctif, en effet. Le fait que la police n'arrive pas à déchiffrer le message ne prouve pas qu'il fût destiné à mon client, et encore moins que mon client ait eu un lien avec une organisation. Mon client n'a rien à se reprocher, mais il est influent à Londres, et son commerce lui attire de nombreux profits. Je crois que n'importe quelle organisation naissante qui a besoin d'argent pourrait voir en mon client la cible idéale d'un chantage. Ils veulent peut-être l’effrayer, et vont par la suite l’intimider pour lui extorquer de l’argent."

Kirsteen regarda attentivement Mr Roberts sortir un petit calepin et une plume. Il semblait être apte à découvrir le message, ce qui enchanta et inquiéta Mme Andrews au plus haut point. Le doute s'insinua lentement dans son esprit, mais elle avait confiance en ses talents pour masquer une quelconque révélation, elle pourrait toujours inventée quelque chose sur le vif. Sa curiosité l'emporta donc au profit de la prudence, et puis s'était l'occasion unique de savoir comment le Lord se comporterait avec elle. Elle ne s'inquiétait pas pour elle-même et encore moins pour son client, mais pour Mr Roberts. Savait-il qu'il s'engageait dans un chemin hasardeux s'il venait à découvrir que Mr Heaton faisait un trafic de pièces d'identités ou qu'il appartenait à une société quelconque. Mr Roberts sembla concentré sur le message et peu enclin à discuter. Mme Andrews reprit cependant d'une voix douce et séduisante, tout en rapprochant sa main du bout de papier que tenait Mr Roberts.

"Mr Roberts, j'aimerais vous dire quelque chose. Je crois qu'il me faudrait votre promesse absolue que tout ce que nous venons de dire ou ce que ce message révèle reste entre nous. J'espère que vous comprenez qu'il me faut une preuve que vous ne risquiez pas de révéler ce message à n'importe qui. Bien que je sois presque sûr que ce message n'est juste qu'un faux, afin que l'on pense que le meurtre de l'homme représente quelque chose de plus grand que ça ne l'est en réalité. Mais je préfère m'assurer, enfin vous comprenez... Vous semblez savoir déchiffrer ce message, ce qui prouve que vous possédez une éminente culture, certainement plus importante que la mienne... d'ailleurs ou avait vous appris tout ces langages ? Certains sont strictement réservés aux membres des clans..."
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Message Posté le : 18/07/2008 11:47:00    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Concentré, le début des paroles de l'avocate lui avait échappé. Il griffonnait toujours des lettres, des correspondances entre les symboles tout en fronçant les yeux. Songeur. La voix de la femme était comme une volute qu'il ne voulait pas saisir, trop pris par ce qu'il était en train de faire. Cependant, la voix appelant l'oreille, il finit par se redresser et poser son regard sur la femme. N'ayant cure de ses charmes au vu de la situation -le Lord n'était pas du genre à se laisser distraire-, il écouta la fin de ses paroles non sans surprise.

"Afin que l'on pense que le meurtre de l'homme représente quelque chose de plus grand que ça ne l'est en réalité ?" répéta t'il sans détour et sans écouter la fin de ce qu'elle disait, la coupant sans scrupule. "Je sais que dans le monde de la justice un mort n'est qu'une statistique et un peine à écoper ou évincer, mais si vous pensez que ce n'est qu'un faux, si vous en êtes sûre, alors pourquoi tenter de le déchiffrer ? C'est une tache laborieuse que je ne suis pas obligé de remplir mais il se trouve que je peux le faire, il me semble tout du moins."

L'orgueil piqué au vif, il enleva ses lunettes d'un geste ample et avisa la femme avec profondeur et dieu sait qu'il pouvait être intimidant. Il savait rester à sa place mais la demoiselle était irritante. Un vrai chat. Savait-elle ce qu'elle voulait ? Essayait-elle de faire passer l'affaire pour moins importante qu'elle ne l'était afin de se protéger ?

"Écoutez... je me doute que vous êtes dans une position inconfortable et soyez sûre que je ne divulguerais rien. Les affaires temporelles du commun ne m'intéressent en aucun cas. J'ai cessé de croire en la justice et en ce qu'elle peut apporter et je puis vous donner ma foi, Maître, en ce qui concerne l'honnêteté de mon propos." dit-il d'une voix plus posée, mais sans langue de bois. "Si je déchiffre ce papier c'est simplement parce qu'il m'amuse." avoua t'il sans complexe. "Oh et j'ajoute que votre théorie sur le pourquoi d'une atteinte à votre client me gêne un peu." reprit-il en toute courtoisie avec un sourire naissant.

Il n'en dit pas davantage pour autant et se replongea sans son message, remettant ses lunettes en place et marmonnant quelques mots.

"Ra... ni... t...'ra...."

Ca n'allait pas, quelque chose clochait et il ne savait pas quoi. Il avait bien des syllabes mais sans qu'il ne puisse expliquer pourquoi, leur continuité n'appelait à rien. Il avait une succession de sons qui n'interpellait même pas une langue autre. Juste des sons.
Il fronça les sourcils un instant et tenta plusieurs combinaisons. Rien ne marchait vraiment. Puis il en tenta une nouvelle, trop simple à son goût pour mériter sa place.

"Avez vous un miroir ?" demanda t'il calmement à son interlocutrice.

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Message Posté le : 19/07/2008 00:02:00    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

La mine de Mme Andrews se renfrogna. De toute évidence ce Lord avait du caractère, elle avait l'habitude de ce genre d'hommes, mais d'ordinaire elle arrivait toujours à les manipuler plus ou moins en jouant de ses atouts féminins. Elle eut néanmoins un petit sourire quand le Lord lui coupa la parole, il lui serait plus dur de l'attirer dans ses bonnes faveurs mais pas impossible, et l'enjeu lui plaisait plutôt. Elle reprit alors d'un ton sérieux, absorbée par les dernières paroles de Mr Roberts C'est une tache laborieuse que je ne suis pas obligé de remplir

"Vous avez raison, ce n'est pas ce que je voulais dire, je voulais simplement n'oublier aucune possibilité. J'apprécie le fait que vous m'accordiez un peu de votre temps, et je saurais m'en rappeler. Je sais à quel point un homme de votre envergure a des responsabilités bien plus importantes que d'aider une jeune avocate. Ce message est je pense d'une importance cruciale, mais le fait qu'il soit codé ne devrait pas lui donner plus de portée qu'il n'a."

Le regard de Mr Roberts ne laissait pas beaucoup de doutes, il trouvait de toute évidence les propos de Kirsteen irritants. Néanmoins Mme Andrews ne baissa pas le regard. Lorsque Mr Roberts lui donna sa parole de ne pas divulguer les informations sur l'affaire, le visage de Kirsteen reprit un air plus accueillant. Sans pour autant être sur de pouvoir lui faire entièrement confiance, le Lord l'avait convaincu qu'il pouvait continuer à déchiffrer le message. C'est d'une voix plus apaisée que Kirsteen reprit.

"Je vous suis reconnaissante de m'avoir accordé votre promesse.", puis elle rajouta sur un ton doux
"Ainsi vous ne croyez plus en la justice ? Loin de moi l'idée de me lancer dans un discours enflammé, mais ne pensez vous pas que la justice, même si elle n'est que théorique, est nécessaire ? Je comprend que vous n'y accordez que peu d'importance, Londres est connu pour avoir des représentants de la justice sévères, mais quand même la justice peut, dans certains cas être utile, ne serait-ce que pour fixer les règles."

"Vous ne pensez pas qu'on puisse en vouloir à l'argent de mon client ? Je ne vois pas ce qui aurait pu attirer ces gens à lui adresser un message."

Mme Andrews hocha la tête lorsque le Lord lui demanda si elle avait un miroir, puis chercha dans son sac un petit miroir en argent, avec ses initiales finement gravées dessus, qu'elle tendit au Lord d'un geste léger. Mr Roberts semblait avoir trouvé quelques mots, ce qui ravit Kirsteen. Elle allait enfin savoir la signification de toute l'affaire, savoir les secrets de son client, bien qu'elle ne puisse pas présenter le mot comme une preuve. En effet le message ne serait pas accepter comme une pièce à conviction par le juge, car non déchiffrer par l'équipe judiciaire compétente et légal.

"Ranitra... voyez-vous un sens à ce message ?"

Elle reporta son attention sur son livre, en attendant que Mr Roberts veuille bien lui répondre, elle repensa à Mr Heaton. Elle voulait avoir la certitude de son appartenance à un clan, et réfléchit au moyen le plus diplomate de lui poser la question. Puis elle repensa au Lord, peut-être appartenait-il lui aussi à un clan. Mme Andrews s'était toujours représenté les sociétés secrètes comme une sorte de jeu de rôle géant, bien qu'elle ait conscience de leur influence et leur puissance. Elle se dit alors qu'il devait avoir ici des livres sur les organisations secrètes de Londres. Laissant le Lord dans son travail, Kirsteen en profita pour chercher des livres sur la question. En arpentant les allées, elle trouva en effet une étagère consacré aux sociétés. Elle choisit alors deux livres, l'un intitulé sobrement "Les principales sociétés secrètes de Londres", et l'autre "Découvrir la signification des symboles des organisations"

Elle retourna alors à sa place, au coté du Lord, et commença la lecture de son premier livre.
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Message Posté le : 20/07/2008 16:09:07    Sujet du message : Les affaires sont les affaires Répondre en citant

Le Lord était resté de marbre. Que pouvait-il lui dire ? Evidemment que la justice était nécessaire mais dans son coeur et aujourd'hui, c'était une notion plus qu'abstraite à laquelle il ne pouvait plus souffrir de se référer et ce depuis quelques temps et grandes déceptions. Pour autant, il ne perdait pas son respect envers ceux qui travaillait dans son monde. Et comment ? Il y avait bien des bouchers, des crocs-mort etc. Pas de sot métier se disait-il et surtout, il fallait bien des visages sur lesquels il puisse passer sa frustration.

"Comme vous dites, les discours enflammés seraient idiots..." répondit-il sobrement. "Pour vous c'est donc la justice qui créé les règles ? Vous voyez, c'est à cause de ce genre de raisonnement que je m'éloigne de ce qu'elle touche. Cette formule me semble... inversée. Pour ma part, j'estime que ce sont les règles qui donnent à la justice le droit d'agir, et donc de proche en proche qui la créent. Ô, bien sûr, il faut moduler avec le temps, les évolutions mais tout est affaire de morale au fond et croyez bien que je crois en la justice, mais pas en celle-ci. On nous parle de Lumières, d'éveil, mais en matière de justice et notamment à Londres, je ne vois que de sombres affaires de pot-de-vin. Un bon juge existe, mais sur combien..." ajouta t'il, sans lever un mot au dessus d'un autre.

Doucement, il se mit à sourire. Un vrai sourire, un sourire bienveillant.

"Croyez bien que je vous respecte, être avocat requiert des capacités qu'il est difficile d'avoir. L'objectivité et la subjectivité parfois, être capable de défendre jusqu'à l'indéfendable... Votre profession est la preuve que chacun peut se défendre, mais là encore dans de fortes inégalités. Un riche truand vaudra plus qu'un malheureux innocent..." songea t'il, son visage redevenant blême. "Bref, vous l'aurez compris, je suis déçu depuis longtemps par cette justice."

Il redevint donc silencieux. Il attendait que la demoiselle lui donne un miroir ou pas... auquel cas il devrait trouver un autre moyen. Fort heureusement, elle possédait l'objet de sa requête. Un miroir finement encadré d'argent lui même ciselé avec élégance des initiales de la dame.

"Ranitra? Oh... mes excuses. Ce n'est pas un mot. C'est un ensemble de syllabes que je déchiffre mais ensemble elles ne veulent rien dire, comme vous pouvez en convenir..." répondit il avec courtoisie.

De nouveau silencieux, il s'abaissa sur le papier. Il le tourna d'abord dans plusieurs sens mais un seul respectait au mieux la direction de certains symboles. Fronçant les yeux, il imaginait dans quel sens il aurait à poser le miroir. Oh, il aurait pu faire sans et moduler le tout dans sa tête mais c'était un gain de temps sur lequel il ne crachait pas. L'avocate, quant à elle, avait quitté la table. Bien, il n'aurait plus la sensation de se sentir épié. Il tenta alors un premier coté où poser le miroir. Il n'y en avait que deux de toutes façons. Allait-ce marcher ?
Il soupira lentement jusqu'à s'interrompre. Il se redressa sur sa chaise tel celui qui découvre un intérêt nouveau à une longue besogne. Les yeux légèrement écarquillés, il attrapa le papier sur lequel il avait déjà griffonné quelques syllabes.
C'est là qu'elle revint. Il leva brièvement les yeux vers elle puis voyant qu'elle lisait -il ne vit pas quoi-, il se remit à son travail. Quelque chose clochait.

"Ha ! Ils vont deux par deux dans ce sens... quel imbécile ! J'aurais pu le voir...." marmonna t'il pour lui même.

Sans ciller, il arracha un morceau de papier vierge de son calepin et étala de nouveau des syllabes sur celui ci. Il y avait encore des trous mais une logique s'installait. Depuis le temps... c'était bienvenue !

"Hum...je crois qu'il est question d'un avertissement... Mais c'est énormément de symboles... Je crois surtout que le message est très court, comparé à la longueur qu'il prend en terme de symboles. L'auteur a fait passé les symboles deux par deux et parfois une logique s'instaure entre deux séries... un peu comme une suite... " expliqua t'il à voix haute, comme si la femme n'était pas là, les yeux rivés sur le papier.

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Message Posté le : 25/09/2017 10:54:32    Sujet du message : Les affaires sont les affaires

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