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Rat running after grain
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Trent Cleveland
Fabricant d'armes

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Message Posté le : 09/06/2008 19:36:24    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

Un sifflotement léger traversait les rues de Londres au même rythme que les pas de Trent. Il ne courrait pas, non. Il gambadait presque. D’énormes cernes creusaient ses joues. Son teint était terreux, ses cheveux embroussaillés. Et si ses habits paraissaient propres, ils n’en devenaient pas ordonnés pour autant. En bras-de-chemise, le pantalon plissé à toutes sortes d’endroits. Les boutons de son gilet n’étaient pas tous fermés. Le moins que l’on puisse dire était que son allure était quelque peu déchevelée. Seuls ses yeux semblaient correspondre à l’air entraînant sortant de ses lèvres. Expressifs, ils parcouraient son environnement sans jamais s’arrêter sur rien tout en ayant l’air de tout dévorer.

L’américain se sentait d’humeur étrangement guillerette si on tenait compte de la nuit blanche qu’il venait de vivre. La soirée avait tout doucement commencée dans un pub non loin de chez lui. Il avait bu un verre de bière puis un autre. Il avait depuis longtemps arrêté de les compter quand, pris d’une folie subite, il s’était levé et avait arpenté les ruelles mal famées, prêt à séduire et à être séduit par n’importe qui. Voilà ce qui se passait quand on passait trop de temps sans échange corporel avec autrui.

Après avoir rencontré de fortes accortes personnes, il avait zoné sur le lit de l’une d’entre elles jusqu’à ce que le soleil se lève et puis, dans un état semi-comateux, avait partagé le petit déjeuner de sa dernière conquête. Et ce fut à ce moment-là, précis, que la vie de Trent prit un tournant décisif ! Enfin… C’est ce qu’il ressentit alors. C’était comme si un coup de tonnerre avait traversé toit et sols pour venir le frapper et le faire frémir de plaisir jusqu’aux orteils. Ce fut donc un matin de l’an de grâce mille huit cents vingt que Trent Cleveland, fabricant d’armes de son état ainsi que vingt-cinq années au compteur, découvrit le chocolat.

Le voilà donc devant la devanture d’une chocolaterie, son sifflement brusquement éteint par l’état de frénésie gourmande qui s’était emparée de tout son être. Trent frotta ses mains dégantées l’une contre l’autre, salivant à l’avance aux délices qui l’attendaient à l’intérieur. Il resta quelques secondes à l’extérieur, pour le plaisir de l’anticipation, son nez captant presque l’odeur du divin breuvage qui lui avait été servi.

Une ombre envahit la porte qui s’ouvrit pratiquement sur son nez. N’ayant que le temps de s’écarter, Trent laissa passer un roastbeef appétissant sans son uniforme sans même essayer de se l’approprier. Et oui… Même un militaire paradant sous son nez et qui aurait du agiter ses sentiments patriotiques et… Plus égoïstes ne parvint pas à le distraire de la simple idée de CHOCOLAT.

Sans altermoyer plus longtemps, l’américain poussa la porte et entra dans la boutique.

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"Avant les gens se rendormaient. Ou recommençaient. " Tan
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Message Posté le : 09/06/2008 19:36:24    Sujet du message : Publicité

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Temperance Elman
Londonien

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Inscrit le: 24 Mar 2008
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Message Posté le : 09/06/2008 20:13:37    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

Tempérance était assise sur le comptoir de marbre, les bras croisés sous son châle aux motifs bariolés, ses jolis yeux d'un bleu transparent fixés sur la mosaïque du sol. Elle observa son poing : un peu de sang coulait doucement sur une phalange.

La journée ne se déroulait absolument pas comme elle l'aurait souhaité, les retards de livraison sur les épices exotiques et mystérieuses qu'elle attendait avec impatience ne cessaient de s'accroître, et bien qu'elle eut été ravie par la diversité de sa nombreuse clientèle, il était regrettable que certains imbéciles puissent gâcher ainsi une heure de sa journée; à l'image de ce débauché qui venait de lui faire des avances honteuses, s'imaginant que l'exaltante sensualité de sa boutique s'apparentait à celle d'une prostituée.
Il avait quitté les "Gourmandises" avec rapidité lorsque Tempérance s'était mise à le couvrir de coups et d'insultes : elle ne supportait pas qu'on puisse ainsi s'imaginer tout puissant parce qu'elle était une femme, et encore moins, parce qu'elle était indépendante financièrement.

A peine le temps de ruminer sa colère, que déjà un nouveau client faisait tinter la petite clochette. Tempérance s'empressa de descendre du comptoir, embarrassée par sa canne et ses jupons qui se relevaient sans cesse. Encore fulminante, tentant de discipliner sa robe froissée, elle se redressa sur sa canne et dit d'un ton qui se voulait agréable :

"Bonjour, et bienvenue aux "Gourmandises". Puis-je vous aider ?"

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"Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves. Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions..." Judith Olney
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Trent Cleveland
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Message Posté le : 09/06/2008 22:57:58    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

Une clochette fit vibrer le silence, entonnant un bref et musical message de bienvenue à l’adresse de Trent. A ses oreilles, elle sonnait comme les saintes cloches du Paradis. Des effluves quasi divines vinrent chatouiller ses narines impatientes.

*J’aurais peut-être compris Travis si le vin fétide représentant le corps de son christ s’apparentait un tant soit peu au chocolat.*

Il s’arrêta à peine rentré, le temps de fermer soigneusement la porte derrière lui. Nul besoin d’inviter toutes les âmes errantes de Londres à partager son moment de grâce. Campé sur ses deux jambes, les poings sur ses hanches, un sourire aussi charmeur que possible épinglé sur son visage, Trent Cleveland représentait à merveille la vigueur des Anciennes Colonies par rapport au tempérament poli et vieillot des autochtones d’Albion. Son regard fut immédiatement attiré vers sa gauche, là où se trouvait…

*Gosh !*

L’américain ferma les yeux quelques millièmes de secondes, le temps que son sourire s’agrandisse encore.

Un mouvement le sortit de sa stupeur et il fit demi-tour pour se retrouver face à face avec un des anges – féminins – du paradis. Trent n’était pas un garçon raffiné mais il pouvait apprécier un joli visage quand il en voyait un. Et, à ce moment précis, il se sentait l’âme d’un petit garçon dans une confiserie, peut-être à juste titre.

Il salua la jeune femme d’un hochement de la tête, ne remarquant ni les jupes froissés, ni la canne qu’elle serrait entre ses doigts. Quand ses yeux se reposèrent à nouveau sur elle, son sourire s’était transformé pour se faire enjôleur. Il s’avança de quelques pas, ne s’arrêtant qu’à un mètre d’elle. Il se pencha ensuite comme pour lui faire des confidences.

« Bonjour à vous aussi. Et… Je crois que oui, vous pouvez m’aider », lui murmura-t-il.

Il se redressa en lui faisant un clin d’œil puis tourna à demi sur ses talons tout en levant les bras en un geste grandiloquent.

« J’aimerais avoir du chocolat. »

En clamant ces derniers mots beaucoup plus fort, le grand blond avait les yeux qui pétillaient de mille étoiles.

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Temperance Elman
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Message Posté le : 10/06/2008 10:24:05    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

Tempérance n'avait pas eu le temps de toiser celui qui venait de pénétrer dans la petite boutique, toute submergée par sa colère virulente vis à vis du précédent client. Cependant, la voix du nouvel arrivant avait immédiatement captée son attention : il y avait un air d'innocente concupiscence dans la manière dont il exprimait son désir de découvrir les délices proposés, quelque chose d'un petit garçon gourmand qui assumait avec grâce et amusement son péché; et Tempérance appréciait cela pour avoir souvent eu un comportement similaire lors de ses phases de découverte enfantine, qu'il s'agisse de chocolat ou d'un tout autre agrément.

Un sourire pointa sur ses lèvres et qui se confirma tout à fait lorsque Tempérance leva ses yeux clairs pour dévisager le jeune homme. Une allure de dandy des bas-fonds, débraillé, séducteur; clin d'œil et tours de bras exagérés pour compléter ce tableau charmant. Un enfant, oui, mal à l'aise dans son déguisement d'homme, trop encombré de son inaltérable vivacité. Et entre toutes les odeurs exaltantes et sensuelles qui régnaient dans le Boudoir, une nouvelle effluve inattendue vint chatouiller l'odorat exercé de mademoiselle Elman; une odeur de chair chaude, de sueur, un peu d'alcool, une odeur de femme surtout. La nuit avait été longue ! Et cette effluve conservée par la peau du jeune homme donna envie de rire à la jeune femme : on ne pouvait décidément rien cacher de soi devant un nez aussi fin.

"Avoir du chocolat ? On ne possède pas du chocolat, monsieur, c'est lui qui vous possède : c'est la règle d'or pour savourer pleinement les délices que je peux vous proposer. Voyons voir ce qui pourrait vous convenir. Asseyez-vous, je n'en ai pas pour longtemps."

Tempérance sortit un mouchoir de sa poche et l'enroula autour de sa phalange, de façon à ne pas importuner le curieux client avec quelque vision sanglante. Puis elle s'avança prestement vers le comptoir et se saisit d'un plateau en argent sur lequel était disposé un service à boisson très exotique, oriental sans doute; qu'elle déposa sur l'une des tables. Se laissant tomber sur une chaise, elle souleva les nombreux couvercles de petites boîtes dans lesquelles se trouvaient du lait tiède parfumé à la fleur d'oranger, de la Cardamone et du Gingembre, ainsi qu'un condiment très étrange dont elle même ne se souvenait pas du nom imprononçable... Sans qu'elle ne s'en soit rendu compte, elle essayait de reproduire, en parfumant la lourde théière pleine de chocolat chaud, l'odeur du jeune homme qui se tenait en face d'elle; ce parfum de femme, d'amour si elle osait, qu'elle n'avait pas senti depuis très longtemps et qui la faisait doucement rougir.

"Goûtez cela !" Souffla-t-elle enfin en lui tendant une tasse pleine de liquide brûlant et odorant.

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Trent Cleveland
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Message Posté le : 10/06/2008 22:38:04    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

Si Trent avait été mélodramatique, la jeune femme qui se trouvait devant lui ne l’était pas moins. Peut-être était-ce cela le pouvoir du chocolat : il désinhibait les gens. Peut-être que si quelqu’un faisait une orgie de chocolat, cela mènerait à une orgie plus satisfaisante encore ? Peut-être que… Et l’espèce de quelques secondes, Trent rêva d’ébats amoureux entremêlés de dégustation de ce délicieux breuvage. A vrai dire, son imagination le mena plus loin encore mais la décence interdit à toute personne sensible de décrire ce songe licencieux plus en avant.

Et ce fut donc ces images dans la tête qu’il obéit en souriant au petit bout de femme devant lui. Il enjamba la distance qui le séparait des tables pour s’asseoir avec précaution sur une des petites chaises offertes à son postérieur.

Il posa sa cheville gauche sur son genou droit puis se mit à observer l’intérieur de la pièce avec attention. Après avoir détaillé marchandises et décoration, son regard revint sur la boutiquière. Menue, presque frêle, elle n’en dégageait pas moins une séduction subtile qui égayait chez Trent les sens que le chocolat avait oublié. L’américain arriva heureusement à contrôler la réaction naturelle de son corps en imaginant de la confiture et des fourmis à la partie de son anatomie qui était trop sensible.

La jeune femme revint à lui, portant entre ses doigts fins une tasse qui contenait sans nul doute de la potion magique. Il la dévora du regard avant même d’en apercevoir le contenu.

« Merci » dit-il avant de s’en emparer prestement. La tasse était chaude. Suffisamment pour qu’il réfrène son envie d’en prendre une grande gorgée. Il préféra y tremper prudemment un bout de langue. Ses yeux devinrent encore plus noirs qu’à l’ordinaire alors qu’une explosion enflammait ses papilles gustatives.

« Mmmmh » ne put-il s’empêcher de gémir.

Avec précaution, Trent posa la tasse sur la table à ses côtés. Il décroisa ses jambes pour aussitôt se laisser tomber, à genoux, devant la demoiselle.

« Mademoiselle, je m’appelle Trent Cleveland et je serais le plus heureux des hommes si vous acceptiez de m’épouser. »

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Temperance Elman
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Message Posté le : 11/06/2008 09:12:12    Sujet du message : Rat running after grain Répondre en citant

La plupart des jeunes femmes de son âge, devant une déclaration d'amour aussi subite que saugrenue, auraient offert pour toute réponse un grand éclat de rire et quelques rougissements un peu niais. Mais Tempérance savait se montrer une véritable rabat-joie quand le coeur y était. Elle n'appréciait pas du tout ce genre de plaisanterie : elle était peut-être un peu étourdie, rêveuse ou plus simplement dénuée d'intérêt pour l'indélicate et grossière gente masculine; mais elle n'était pas assez idiote pour ne pas avoir remarqué les regards séduits du jeune homme sur sa silhouette. D'abord ce client qui l'avait prise pour une prostituée, et maintenant, une demande en mariage minable de la part d'un parfait inconnu ? A rester cloîtrée au Laboratoire des heures durant et à éviter toute sortie nocturne, était-elle parvenue à se former une outrageante réputation dont elle-même n'aurait pas été au courant ?

"Je n'apprécie pas votre humour, monsieur Cleveland; relevez-vous immédiatement. Mais enfin, qu'avez-vous tous aujourd'hui ? Et depuis quand on s'amuse à demander en mariage une inconnue alors que l'on porte encore sur sa peau l'odeur d'une nuit d'amour, dites-moi ?"

Tempérance s'était éloignée sans ménager le client encore à genoux. Elle vint s'appuyer au comptoir, dos à lui, et s'affaira à dénouer le mouchoir qui serrait sa phalange égratignée en épongeant un peu le sang. Elle était en colère, mais bien plus encore, elle était humiliée de lui avoir ainsi laissé entendre qu'elle avait reniflé et apprécié longuement son parfum; elle se sentait ridicule de s'être emportée ainsi, car malgré son manque de délicatesse le jeune homme lui plaisait bien, il semblait bon vivant et sincère, qualités qui touchaient beaucoup la chocolatière. Simplement... Il n'était pas si simple de chasser une peur ancestrale comme celle qui la liait aux hommes, et celui-ci la troublait, la dérangeait profondément sans qu'elle ne comprenne pourquoi.

"Excusez-moi. Je me suis emportée... Souhaitez-vous que je vous prépare un petit paquet avec quelques friandises à déguster chez vous ? J'ai besoin d'avis sur mes nouvelles créations"
Dit-elle pour détourner l'attention, mais sa fébrilité à farfouiller sur le comptoir sans rien chercher véritablement trahissait sa gêne.

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Message Posté le : 25/09/2017 10:54:14    Sujet du message : Rat running after grain

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